‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 37 sur 131 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

vient m'accabler. Dans l'infortune, tous les maux se soccëdent. ■

( L'ami que nous donne ta nature , et qui naît pour notre bonheur, conserve cette affection naturelle mfme dans l'infortune, b

« Les hommes n'ont pas en leur mère, en leurs femmes, en leur frère ni en leur fîts, autant de «mfiance qu'en un ami donné par la nature. i

Ah ! s'écria-t-il après avoir fait ces réflexions , quelle malheureuse destinée que la mienne 1

■ Le bonheur et le malheur qui nous arriveiit dans le cours du temps sont le résuhat de nos œuvres. Dans ce monde même, je le vois, la différence des conditions est la conséquence des actions commises dans une vie précédente, u

■ Ce corps est périssable ; la prospérité conduit i l'infortune ; les liaisons amènent les séparations ; tout ce qui naît est fragile. »

Puis il réfléchit et continua ainsi :

■ Qpi donc a créé cette perle, ce mot de deus syllabes : ami, ce mot qui nous protège contre la douleur, contre nos etmemis et contre le danger, et qui est comme un vase dans lequel nous pouvons déposer notre afïection et notre confiance? »

t L'ami dont l'affection est comme unélixirqui

S6 HITOPADÉSA

prolonge la vie , Tami qui est le plaiâr des yenx et la satisfaction du cœur, Tami qui est on vase où Tûn dépose ses joies et ses douleurs, est difficile i trouver. Quant à ces autres amis qui, dans le temps de notre prospérité , sont attirés vers nous par Tappât de nos richesses , nous en rencontrons partout : l'adversité est la pierre de tobcfae qui sert à les éprouver. »

Après s'être ainsi lamenté, Hiran3raka dît à Tchitranga et à Laghoupatanaka : Avant que ce chasseur soit sorti de la forêt , tâchons de délivrer Mafidiara< — £h bien ! lui répondirent ses deux anâi , dis-nous tout de suite ce qu'il faut £aîie« — Qae TcMtranga aille au bord de Teau et fiasse le mort , reprit Hiranyaka, et que le corbeau se mette sur lui et le pique à coups de bec Le chasseur vendra manger de la chair de daim : il laissera là la tortue et courra de ce c6té. Pendant ce temps, JQ rongerai les liens qui retiennent Manthara.

. Xchitranga et Laghoupatanaka s'empressèrent de OMtdre â exécution ce que le rat leur disait de fme. Le chasser, ^sitigué, avait bu de Teau et s'était assis au pied d'un arbre, lorsque tout à coaip il aperçut le daim dans cette position. Il saisit son couteau , et courut avec joîe vers le

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