LIVRE DEUXIÈME
sont forts ? Y a-t-il une distance éloignée pour ceux qui sont entreprenants ? Existe-t-il un pays étranger pour les gens instruits? Quel est l'ennemi de ceux qui parlent avec douceur ? »
En passant dans une grande forêt, sur une montagne appelée Soudourga, Sandjîvaka se laissa tomber et se cassa la jambe. Varddhamâna, le voyant dans cet état , fit les réflexions suivantes : « Celui qui sait comment il doit se conduire peut faire toutes sortes d'efforts ; mais il ne recueillera jamais de ses actions d'autre fruit que celui qui lui est réservé par la volonté du destin. »
« Il faut absolument éviter l'hésitation , car elle est un obstacle et nous empêche toujours d'agir. Laissons donc de côté toute hésitation , et achevons ce que nous avons entrepris. »
Après avoir fait ces réflexions, Varddhamâna laissa là Sandjîvaka. H alla dans une vUle appelée Dharmapoura chercher un autre taureau de grande tsaSlCy qu'il attela à son chariot ; puis il partit. Sandjîvaka se releva comme il put, en se soutenant sur trois jambes.
« Qp'une créature s'enfonce dans les eaux d'un lac, qu'elle tombe du haut d'une montagne , ou qu'elle soit même mordue par le serpent Takchaka,
le temps qui lui est donné à vivre conserve en die les organes de la vie. »
« On peut tomber du haut d'une montagne^ ae plonger dans l'Océan^ se jeter dansk feu^ et jouer même avec des serpents : on ne meurt pas allant son heure. »
« Une créature, quand bkn même elle sezait percée d'une grêle de âièches, ne pédt pas û son heure n'est pas encore arrivée; maâs, lorsque son heure est venue» l'extrémité d'une tige de koJK» suffît pour lui donner la mort. »
« Un£ chose à laquelle on ne prend pas garde* se conserve quand elle est protégée par le destin ; une. chose que l'on garde avec soin est perdue si elle, est ârappée par le destin. L'homme abandomé sans défense dans une fbrêt n'en vit pas niDiiiat tandis que souvent, malgré tous les soins «pi'on lui donne, il trouve la mort dans sa maison^ ».
Sandjivaka, mangeant tant qu'il voulait et se promenant dans la forêt, engraissa de jour en jonc. Eés qu'il eut repris ses forces, il se mit à beu^er. Dans cette même forêt habitait un fion. nommé Pingalaka, heureux posstôseur d'uft ts✠qu'il avait acquis par la force de soa bcas. On a dk:
«. Les animât» ne donnent pas sxt lion l'onatiDn