‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 42 sur 131 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

royale, et ne célèbrent aucune cérémome pour le sacrer. L'empire que le lion exerce sur les aniniaiix lui s^pfaitient naturellemem, parce qu'il a conquis la loyauté par sa valeur. »

Un |our qu'il avait soif, ce lion vint sur le bord de la Yamounâ pour boire de l'eau. Là, il entendit un bruit tel qu'il n'en avait jamais entendu un pareil : c'était le beuglement de Sandjivaka,. qui retentissait conmie le grondement des nuages annonçant la destruction du monde. £n entendant ce bruit, il fut saisi de crainte. Au lieu de boire, il retourna sur ses pas ; il rentra dans sa demeure, où il resta silencieux, et se mit à réfléchir à ce qute ce pouvait être. Comme il était dans cette situation, il fut aperçu par deux chacals , Karataka et Damanaka, âls de deux de ses ministres. Le voyant dans cet état, Damanaka dit à Karataka : Mon ch/QT Karataka, pourquoi notre souverain, malgré sa soif, est-il revenu sans avoir bu et reste-t-il comme hébété? — Mon cher Damanaka, répondit Kacatgka, c'est contre mon gré que nous servons ce prince. Pourquoi ferions-nous attention à ce qu'il fait , puisqu'il n'a pas eu d'égards pour nous et ne nous a causé que du chagrin ?

« Voi^ ce que font les serviteurs qui veulent

s'enrichir en obéissant à un maître : les insensés perdent jusqu'à leur liberté corporelle ! »

« Ceux- qui servent un maître ont à supporter le froid, le vent, la chaleur et toutes les souffrances. En ne s'imposant même pour pénitence que la moitié de ces tourments, le sage peut arriver à la félicité. »

« La vie n'est profitable qu'autant que l'on est indépendant : pour ceux qui dépendent des autres, qu'est-ce que la vie, sinon la mort ? »

fit On joue avec des serpents, on se livre au plaisir avec les femmes des autres, et on est esclave d'un roi. Ah 1 l'homme est un être brutal ! »

« Viens, va-t'en, prosterne-toi, relève-toi, parle, fds silence : voilà comment les riches se jouent des malheureux qui se laissent séduire par l'espérance. »

« Les insensés, afin de s'enrichir, font comme les prostituées : ils se parent sans cesse pour servir d'équipage aux autres. »

« Le regard d'un maître est inconstant par sa nature, et tombe même sur celui qui n'en est pas digne; cependant les serviteurs y attachent on grand prix. »

Et surtout :

« U s'abaisse pour s'élever; pour vivre, il sacri-

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