LIVRE DEUXIÈME
fie sa vie; il se rend malheureux pour arriver au bonheur : est-il un homme plus insensé que celui qui sert les autres ? »
« S'il est taciturne, c'est un muet; s'il est éloquent, c'est un fanfaron ou un bavard; s'il est patient, c'est un lâche; s'il ne souffre pas l'injure, c'est un homme mal élevé; s'il reste auprès de son maître, c'est un impudent ; s'il se tient à distance, c'est un homme timide. Le devoir d'un serviteur a des mystères profonds; il serait impraticable même pour des yoguîs. »
Mon ami, reprit Damanaka, c'est une chose qu'il ne faut pas même penser.
« Comment ne servirait-on pas avec zèle les maîtres suprêmes? Dès qu'ils sont satisfaits, ils comblent à l'instant même nos désirs, o»
«( Comment les princes, s'ils n'avaient pas de serviteurs, pourraient-ils jouir du bonheur de voir un tchàmara s'agiter au-dessus de leur tête, et posséder un parasol blanc attaché à l'extrémité d'un bâton, des chevaux, des éléphants et une armée? »
Cependant, dit Karataka, en quoi cela nous regrarde-t-il ? Il ne faut jamais se mêler de choses qu'on ne connaît pas.
Considère ceci :
L'homme qui veut se mêler de choses q»*S ne connaît pas périt et reste étendu sur le canuB . comme le singe qui arracha un coin.
Comment cela ? demanda Damanaka. Karataka raconta la fable suivante :