‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 46 sur 131 · III. — l'ane et le chien · texte numérisé non relu

III. — l'ane et le chien

L y avait à Vârânasî un teinturier nommé Karpoûrapata. Un jour cet homme, après avoir pris longtemps ses ébats avec sa ieime femme et l'avoir bien embrassée, s'endormit

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4*un profond sommeil. Cependant un voleur s*introduisit dans sa maison pour voler. Dans la cour, il y avait un âne attaché et un chien. L'âne dit au chien : C'est ton affaire; comment se fait-il que tu n*aboics pas de toutes tes forces, afin d'éveiller notre maître ? — Pourquoi te méles-tu de ce que j'ai â faire ? répondit le chien ; ne saistu pas comme je veille jour et nuit â la garde de sa maison ? Depuis longtemps qu'il n'a plus rien à craindre, il n'a plus soin de moi, et maintenant il va jusqu'à négliger de me donner ma nourriture. Les maîtres, une fois qu'ils n'ont plus rien à redouter, négligent leurs serviteurs. — Insensé 1 reprit l'âne, écoute-moi : le chien, par sa nature, est un animal qui ne doit pas se laisser toucher ; vois d'ailleurs ce que c'est que la qualité de serviteur.

« Celui qui nous demande quelque chose au moment où nous avons besoin de lui mérite-t-il iti nom de serviteur ou d'ami? Mais celui qui, même sans qu'on le lui commande, fait ce qu'il n'est pas obligé de faire, est un ami. »

Le chien répondit :

« Celui qui ne fait pas vivre ses serviteurs méritc-t-il que ceux-ci le considèrent comme leur

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