LIVR£ DEUXIÈME
Od a dit :
« Entre le cheval, Téléphant et le fer; entre le boU» la pierre et un vêtement ; entre la femme , rhoBune et Teau, la différence est grande. »
On a dit aussi :
« Le chien est satisfait quand il trouve un os sale, dégarni de viande, et auquel il ne reste plus qu'un peu de moelle et quelques tendons ; et pourtant cet os ne peut apaiser sa faim. Mais le lion laisse là le chacal qui se présente devant lui , pour tuer Téléphant. Ainsi tout homme , lors même qu'il est malheureux, veut recueillir le fruit de ses actions suivant sa nature et son caractère. »
Considère encore la différence qui existe entre le maitre et le serviteur :
« Le chien se roule aux pieds de celui qui le nourrit, remue la queue, fait le beau, se couche à terre et se met sur le dos, tandis que le noble éléphant regarde gravement son maitre et ne se décide à manger qu'à force de caresses. »
« Une vie, même d'un seul instant, qui est vantée par les hommes, et dans laquelle la science, le courage et la gloire ont brillé sans intern^>tian, voilà ce que, dans ce monde, les sages appellent
vivre. Le corbeau lui-même vit longtemps et mange les restes des sacrifices (i). »
« Dans ce monde, à quoi sert la vie à un homme qui ne se fait pas respecter par son caractère et n*a aucune compassion pour ses serviteurs, pour le pauvre et pour ses parents? Le corbeau lui-même vît longtemps et mange les restes des sacrifices. »
« Qpelle différence y a-t-il entre la brute et rhomme grossier qui ne sait pas distinguer le tnen et le mal, qui ignore la plupart des obligations religieuses prescrites par les Védas, et ne cherche qu'à emplir son ventre ? »
Nous ne sommes Tun et Tautre que des subalternes, dit Karataka : à quoi bon cette discusâou entre nous ? — Mais, reprit Damanaka, il ne faut qu'un moment pour qu'un ministre arrive au faite de la puissance ou se trouve abaissé.
« Aucun homme, sur cette terre, n'est, par sa nature, regardé comme grand ou comme vil : dans ce monde, ce sont nos actions seules qui nous mènent à la condition d'homme respectable ou à la condition opposée. »
« De même qu'on ne peut monter une pierre
(i) Bali, ou portion de nourriture jetie à terre aprèt un Mcrifice, ex destinée aux animnux et aux (trea impurs.