‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 51 sur 131 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

« Vrihaspati lui-même, s'il parlait mal à propos, verrait mépriser son intelligence et se couvrirait d'une honte éternelle. »

« Sire, on trouve toujours aisément des flatteurs; mais ce qu'il est difficile de rencontrer, c'est un homme qui veuille bien dire ou entendre une vérité désagréable. »

Mon ami , reprit Damanaka, ne crains rien : je ne dirai pas une parole mal d propos.

« Dans une circonstance malheureuse, quand un prince s'écarte de la bonne voie ou laisse passer le moment d'agir, un serviteur dévoué doit parler, même sans qu'on l'interroge. »

Et si je ne dois pas dire mon avis, même lorsque l'occasion s'en présente, alors je ne suis pas conseiller du roi.

« L'homme de mérite doit conserver et augmenter ce mérite, qui lui assure un moyen d'existence et lui attire, dans ce monde, les éloges des gens de bien. »

Ainsi y mon ami, laisse-moi partir, et je m'en vais. — Bonne chance, dit Karataka, puisse ton projet Féusnr 1

Damanaka alla auprès de Pingalaka, et s'approcha de lui d'un air timide. Le roi l'aperçut de loin»

TTO HITOPADÉSA

€t le reçut avec beaucoup d*égards. Damanaka se prosterna devant lui ; puis il s*assit. Je ne t*aî pas vu depuis longtemps, lui dit le roi. — Qpxnque votre majesté, répondit Damanaka, n'ait pas besoin de mes services, cependant, comme un serviteur doit toujours s'approcher de son maître quand il le faut, je suis venu.

« Ceux qui, dans les combats, répandent une grêle de flèches sur cette terre si belle par sa grandeur, sa forme et son étendue, et s'en rendent toujours maîtres, ceux-là même, quand ils se présentent devant leur souverain , montrent de l'hésitation dans leurs discours, et éprouvent un sentiment de crainte en face d'un personnage s vénérable. »

« En présence d'un roi, au milieu de gens vicieux , et dans une réunion de femmes débauchées, l'homme éloquent lui-même a le coeur saisi de crainte, et devient timide. »

Aujourd'hui ce n'est pas sans motif et sans nécessité que je viens. On a dit :

« Sire, les rois ont besoin d'un brin d'herbe pour se frotter une dent ou se gratter Toreaie; i j^us forte raison ont-ils besoin de l'homme , qui ^ un corps , une langue et des mains. »

LIVKE DEUXIÈME III

Si votre majesté croit que j'à perdu mon intdligraœ, parce que j'ai été longtemps r^ardé avoe Mdiia, c'est une opinion qu'elle ne doit pas con-

■ Les qualités d'un homme ne se manifestent pu iJ'cJles-mémes ; ce n'est pas en suivant les chemiM unis que l'on trouve le parfiim du kastoûrlkâ. »

■ Une pierre précieuse peut s'agiter sur nos piedi, et un morceau de verre peut servir de parure i notre tête; mais, quelle que soit la place qu'ils xcupent, le verre n'est jamais que du verre, et la lierre précieuse est toujours une pierre précieuse, n

• Lorsqu'un homme est ferme et constant, on l'a pas Ueu de craindre qu'il perde son intelligence, loand tnen même il serait traité avec mépris : on vm renverser le feu, mais la flamme s'élève tou-

Siie, il £aut qu'un souverain sache distinguer •a toviteurs.

■ Qiund un roi ne Élit aucune distinction entre es serviteurs , et se montre le même i l'égard de ous, l'activité des hommes capables d'eflbrts se rouve bientôt paralysée, n

> Sire, il y a trois sortes d'hommes : les hommes upéfkun, les hommes inférieurs et les hommes

ordinaires; il faut donner à ces trois caisses

d'hommes trois espèces différentes d'emplois. »

« Il en est des serviteurs comme des bijoux : ils doivent 6trc mis à leur place. La pierre prédeosc destinée à orner la tête ne doit pas se porter at pied, et le bijou fait pour les pieds ne doit pa non plus se mettre sur la tète. »

« Si une pierre faite pour prendre place dai. une parure d'or est sertie dans un morceau d'étaii elle ne rend aucun son et ne jette aucun édat alors on blâme l'ouvrier qui l'a montée. »

« Si un morceau de verre se trouve placé s un diadème, et une pierre précieuse sur un Irijc destiné au pied, ce n'est pas la faute de la pîer. précieuse : il faut s'en prendre à l'ignorance J: joaillier. »

Considérez ceci :

« Le prince qui sait reconnaître et juger se^ serviteurs, et qui sait dire : Voilà un homme intelligent, dévoué et possédant deux qualités à b fois, trouve une foule de gens disposés à le scrvir. »

En effet :

« Un cheval, une arme, un livre, une vtnâ, un discours, un homme et une femme, sont des choses

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