LIVRE DEUXIÈME
jours, pendant son sommeil, un rat venait ronger Textrémité de sa crinière. Le lion, voyant le bout de sa crinière coupé, fut en colère, et, comme il ne pouvait pas attraper le rat dans son trou , il se dit en lui-même : QjLie dois-je faire ?
« Lorsqu'on a affaire à un ennemi méprisable, ce n'est pas par sa valeur que l'on doit s'en rendre maître : pour le détruire, il faut employer des forces égales à celles qu'il possède. »
Tout en faisant cette réflexion , il alla dans un village, où il attrapa un chat nommé Dadhikarna. Il l'apporta dans sa caverne et lui donna de la viande et d'autres aliments. A partir de ce moment , le rat , qui avait peur du chat, ne sortit plus de son trou, et, comme il ne venait plus ronger la crinière du lion, celui-ci put dormir tranquillement. Tant qu'il entendit le rat faire du bruit, le lion donna au chat de la viande à manger. Un jour, le rat, pressé par la faim, sortit de son trou. Il fut pris et tué par le chat. Dès lors, le lion ne le vit plus et ne l'entendit plus crier. Comme il n'avait plus besoin du chat, il négligea de lui dotmer à manger, et Dadhikarna perdit ses forces faute de nourriture.
Voilà pourquoi je dis : Il ne faut jamais que les
IlS HITOPAOÉSA
serriteurs rendent lenf mattre exempt de soins^ etc.
Damanaka et Karataka allèrent aoprès de Sca^vafca. Karataka se posa fièrement an pied d'on arbre, tandis que Damanaka s'avança vers le tiiireau, et lui dit : Taureau, le générai Karataka» id présent, à qui le roi Pingalaka a confié la garde de cette forêt, t'ordonne de te présenter imniédiatement devant lui, ou sinon , de t'éloigner de ces lieux ; autrement , il t'arrivéïa malheur. Ignores-tn ce que fera le roi dans sa colère? Alors Sandjhraka, qui ne connaissait pas les usages du pays, s'approcfaa avec crainte et se prosterna devant Karataka.
On a dit:
« L'ifitell^ience est auniessus de la force. C'est l'absence d'intdiigence qui est, pour les âéphams, la cause de la condition à laquelle ils sont soumis : voilà ce qœ proclame en qodqne sorte le son du tandKMHT battu par le conducteur de l'éléphant. »
Sandjfvaka éàt avec timidité : Général, dites^moi ce que je dois faire. — Taureau, répondit Karataka, si m veux rester dans cette forêt, va te prosterner aux pieds de sa majesté. — Assurez-moi pftitection, dit Sandjîvaka, et j'y vais. — Écoute, tGmreavi, reprit Karataka, tu n'as rien à craincbe.