‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 55 sur 131 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Karâlâ, après avoir longtemps réfléchi et cherché la cause de ce bruit si extraordinaire, découvrit que c'étaient des singes qui faisaient sonner la clochette. Elle alla parler au roi. Sire, lui dit-elle, su on veut me donner une grande somme d'argent,

)e tuerai ce Ghantâkama. Le roi lui donna de l'argent et la congédia. L'entremetteuse fit le manda- ^poudjâ, le ganatchakra et autres cérémonies magiques, avec une dévotion qui étonna tout le nionde; puis, emportant avec elle des fruits que les singes aiment, elle entra dans la forêt et répandit ces fruits sur le sol. Aussitôt les singes abandonnèrent la clochette pour se jeter sur les fruits. L'entremetteuse prit la clochette, retourna chez elle, et devint un objet de vénération pour tout le monde.

Voilà pourquoi je dis : On ne doit pas s'effrayer <l'un bruit, etc.

Les deux chacals amenèrent Sandjîvaka et l'introduisirent auprès du roi. A partir de ce moment, le taureau demeura longtemps dans la forêt, et «ne amitié réciproque exista bientôt entre lui et le ^n. Mais, un jour, le lion reçut la visite de son frère que l'on appelait Stabdhakama. Pingalaka accueillit son hôte, le fit asseoir, et se disposa à

partir pour la chasse, afin d'aller lui chercher de quoi manger. Cependant Sandjivaka dit an roi : Sire, où est la chair des daims qui ont été tués aujourd'hui ? — Damanaka et Karataka le savent bien, répondit le roi. — H faut voir, reprit Sandjivaka, s'il en reste oui ou non. — Il ne reste plus rien, répondit le lion en souriant. — Comment , dit Sandjivaka, ont-ils pu à eux deux manger tant de viande? — On en mange, répondit le roi, on en prodigue et on en laisse perdre : voilà ce qu'on fait tous les jours. — Hé quoi I reprit Sandjivaka, tout cela se fait sans que votre majesté en sache rien I — Oui, cela se fait sanj que je le sache, répliqua le roi. — Eh bien ! dit Sandjivaka, cdi n'est pas convenable.

On a dit :

« Un serviteur ne doit rien faire de son chef et sans en instruire son maitre , à moins que le but de son action ne soit de sauver son souverain d'un malheur. »

« Un ministre doit être comme un vase (x) : il faut qu'il dépense peu et reçoive beaucoup. Sire, 4:elui qui ne fait aucun cas d'un instant est un fou;

(i) KÊ m umdai om, vêsc de terre on lie bois doat m scrwfR ]cs «scètet pour y mettre de l'eau.

Page 1