LIVRE DEUXIÈME
c'est an pauvre que celui qui fait peu de cas d'un caari. »
« Eh effet, le meilleur ministre sera toujours celui qui saura augmenter les revenus, ne serait-ce que d*nn kâkinî. La vie d'un prince riche, c'est le trésor : ce n'est pas le souffle qui constitue pour lui la vie. »
« D'ailleurs, ce n'est pas en remplissant les antres devoirs de sa caste que l'homme arrive à la considération. Une fois réduit à la pauvreté , on est abandonné de sa femme même, et à plus fone raison des autres. »
Et voici ce qui contribue le plus à la ruine d'un prince:
« Les dépenses excessives , le manque de surveillance, l'acquisition des richesses par des mo3rens iniques, le gaspillage et Téloignement : voilà ce qu'on appelle la ruine du trésor. »
« Celui qui dépense suivant ses caprices, et sans calculer son revenu, ne tarde pas à se ruiner, quand bien même il serait riche à l'égal de Vaïsravana. »
A ces mots, Stabdhakama prit la parole. Mon frère, dft-il, écoute-moi. Tes deux anciens serviteurs, Damanafca et Karataka, ont la direction dies affiaûres de la paix et de la guerre, et l'administra-
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tion des finances ne dent pas être confiée à celui qui est chargé des af&ires. Au reste , je vais t'exposer ce que i*ai appris concernant la manière de bien distribuer les emplois.
« Un brahmane , un kchatriya et un parent ne valent rien en £iit d'administration. Malgré toute la peine que Ton se donne, on ne peut obtenir d'un brahmane aucune reddition de compte. »
« Si vous confiez vos richesses à un kchatriya, il vous montre toujours son épée. Un parent s'empare de toute votre fortune, et s'en rend maître en vertu de sa qualité même de parent. »
« Si vous choisissez pour ministre un vieux serviteur, il ne vous craint pas, même lorsqu'il vous a offensé. Le vieux serviteur méprise son maître, et n'agit que selon son caprice. » y
« Si vous confiez l'autorité à un honmie qui vous a rendu des services , cet homme ne croit jamais vous offenser. Un tel ministre se fait un drapeau de ses services, et confond tout dans un État. »
« Dès qu'un ministre se joue de son souverain en secret, et remplit lui-même le rôle de roi, il méprise toujours son maître. Ce mépris est la conséquence d'une trop grande familiarité. »
« Un ministre corrompu soufire tout, et ne sait
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en pratique quand Toccasion s*en présente. — Cest vrai , dit le lion ; mais Damanaka et Karataka n'exécutent pas du tout mes ordres. — Tout cela n'est pas convenable, reprit Stabdhakama.
« Un roi ne doit pas soufirir la désobéissance, même de la part de ses fils; autrement » quelle différence y aurait-il entre un roi véritable et un roi en peinture? »
« L'homme stupide perd la réputation; le mé* chant perd l'amitié ; celui qui n'a plus l'usagie de ses organes ne peut plus avoir de famille; l'avare perd le mérite moral et religieux ; l'homme viciem perd le fruit de la science; le malheureux perd le bonheur; le roi qui a un ministre indolent perd son royaume. »
Et surtout :
« Un roi doit, conune un père, prot^er ses sujets contre les voleurs, contre ceux qui sont attachés à son service, contre l'ennenû, oGOtre ses favoris et contre sa propre avarice. »
Ainsi , mon frère , suis mon avis. Nous avons fait aujourd'hui notre rq)as; Sandjivaka ac se nourrit que d'herbe et de grain : il £uit lui confier la garde des provisions.
Le conseil de Stabdhakarna ûu suivi. Pingabika