LIVRE DEUXIÈME
laissa de côté tous ses amis et ses serviteurs, et vécut dans une grande intimité avec Sandjivaka. Voyant qu'on ne distribuait plus les vivres en aussi grande abondance, même aux serviteurs du roi, Damanaka et Karataka se communiquèrent leur pensée Tun à Tautre. Mon ami , dit Damanaka , que faire maintenant ? C'est notre faute, et, lorsque c'est sa faute, on ne doit pas se plaindre.
On a dit :
Trois personnes ont été malheureuses par leur faute : une entremetteuse, pour s'être liée elle« même; un marchand, pour avoir voulu prendre une pierre précieuse, et moi, pour avoir touché Swamarékhâ.
Comment cela? dit Karataka. Damanaka raconta l'histoire suivante :
vi. a^œntures ©e kandarpakétou , comprenanr
l'histoire du vacher, du barbier et de leurs , et celle du marchand qui, par son avarice, psrdrr toute sa fortune.
ANS une ville que l'on appelle Kantchanapoura , il y avait un roi nommé Vîravikrama. Le principal officier de justice de ce >rince faisait conduire un barbier au supplice ,
ia8 HITOFADÉSA
lorsqu'un religieux mendiant nommé Kandarpakétou , qui était accompagné d'un marchand , retint le condamné par le bord de son vêtement et s'écria : Cet honmie ne mérite pas la mort 1 — Pourquoi dites-vous que cet homme ne mérite pas la mort? répliquèrent les gens du roi. — Écoutez, reprit le religieux. Et il leur dit ces mots : Trois personnes ont été malheureuses par leur faute, etc.
— Comment cela ? demandèrent les gens du roi.
— Je suis fils de Djimoûtakétou, roi du Sinhaladwfpa, dit le religieux, etjemenommeKandarpakétou. Étant un jour dans un jardin de plaisance, j'appris d'un marchand qui faisait le commerce maritime que non loin de là, au milieu de l'Océan, le quatorzième jour de la lune, s'élevait un kalpa, et qu'au pied de cet arbre apparaissait, sur un sofa d'or enrichi de pierres précieuses, une jeune fille parée de toutes sortes de bijoux, comme Lakchmî, et jouant de la vinâ. Je m'embarquai avec le marchand et me dirigeai de ce côté. Dès que nous fûmes arrivés , je vis la jeune fille couchée sur un sofa et à demi plongée dans la mer, telle que le marchand me l'avait dépeinte; puis elle s'enfonça au milieu des eaux avec ses compagnes et disparut à mes yeux. Je fus séduit par le charme de sa