LIVRE DEUXIÈME
cette nouvelle espèce de comédie que savetit joner ies médiants ? »
« La barque a été inventée pour traverser l'espace des mers que Ton ne pouvait franchir ; la lampe, pour nous éclairer lorsque viennent les ténèbres; Téventail, pour remédier au manque d'air, et le dard pour dompter Tardeur des éléphants furieux. Ainsi, dans ce monde, il n'est pas une seide chose pour l'invention de laquelle le Créateur ne nous ait pas donné la première idée ; mais je crois queBrahmâ lui-même verrait échouer seseflbrts s'il voulait ôter du cœur des méchants tout ce qu'il renferme. »
Hélas I s'écria Sandjîvaka en poussant un nouveau soupir, je ne vis que de grain : pourquoi donc le lion veut-il me faire périr ?
« Lorsqae deux adversaires sont ^aux en fortune et en puissance, on ^oit s'attendre à une lutte ; niais il n'en est pas de même quand l'un st fort et Faotre Êdble. »
Je ne sais pas, ajouta-t-il après avoir encore
Eéfiédû, ce qui a pu m'attirer l'aversion du roi. Il
àut toujours redouter l'inimitié d'un prince, dès
[ue l'on est auprès de lui.
« L'esprit d'un roi offensé par son ministre est
comme un bracelet de cristal : ce bracelet une fois brisé, quel est celui qui pourrait le raccommoder? »
« La foudre et la colère d'un roi sont deux choses très redoutables ; mais l'une ne tombe qu'à une seule place, tandis que l'autre tombe tout autour de nous. »
£h bien 1 il vaut mieux mourir en combattant. Maintenant je ne dois plus obéir à ses ordres.
« Si Ton meurt, on gagne le ciel ; si Ton tue son ennemi, on obtient le bonheur : ce sont là deux choses excellentes et difficiles à acquérir, même pour des héros. »
Et voici le moment où Ton doit combattre :
« Lorsqu'en ne combattant pas on est sûr de mourir, et qu'une lutte offre seule quelque chance de salut, c'est alors, disent les sages, qu'il est temps de combattre. »
« Quand il ne voit plus pour lui aucun moyen de salut, si ce n'est dans un combat, le sage meurt avec son ennemi, en combattant. »
1^ « S'il est vainqueur, il obtient la fortune ; s'il
meurt, il devient l'époux d'une apsarâ. Notre corps périt en un instant : pourquoi donc hésiter à mourir en combattant ? »