‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 69 sur 131 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Après avoir fait ces réflexions, Sandjivaka dit aa chacal : Mon ami, dites-moi, à quoi reconnaît trai-je que le lion veut me tuer ? Damanaka lui répondit : Dès que Pingalaka vous regardera avec la queue dressée, la patte levée et la gueule béante, il faudra déployer votre force.

« L'être le plus fort est quelquefois sans force : quel est celui qui est invincible ? Voyez les hommes : ils foulent sans rien craindre un tas de cendres sous leurs pieds. »

Mais il faut que tout cela se fasse en secret ; sicon, nous sommes perdus tous les deux.

En disant ces mots, Damanaka retourna vers Karataka. Eh bien 1 lui dît celui-ci, qu'as-tu fait? — Je les ai brouillés l'un avec l'autre, répondit Damanaka. — Y a-t-il à en douter ? reprit Karataka. <r Quel est celui qui est l'ami des méchants? Q}iél est celui qui ne se fâche pas lorsqu'on le sollicite trop souvent ? Quel est celui à qui la fortune ne cause point de joie ? Quel est celui qui n'est pas savant en fait de méchanceté ? »

a Les gens artificieux, pour s'élever, font d'un homme distingué un misérable. La société des méchants n'est-elle pas aussi dangereuse que le feu? s»

Damanaka se readit ensuite auprès de Pingalaka et lui dit : Sire, ce méchant vient vers vous; préparez-vous à combattre et attendez-le. Tout en disant ces mots» il ût prendre au lion l'attitude qu'il avait décrite au taureau. Sandjivaka arriva bientôt, et, quand il vit le lion dans cette attitude hostile, il déploya toute sa force. Alors eut lieu un combat terrible, dans lequel Sand^vaka perdit la vie. Après avoir tué le taureau, Pingalaka reprit haleine; puis il resta comme accablé de douleur, et s'écria : Q.uellc horrible action^ je viens de commettre l

« Si le pouvoir d'un roi est dans d'autres mains que les siennes, c'est sur lui que retombent tous les crimes qui sont conunis. Un roi qui a traos- 1 gressé la justice est comme le lion qui s'est souillé ! du meurtre d'un éléphant. »

« On peut perdre un \xm territoire ou un ser- 1 viteur intelligent. La perte d'un serviteur est la I ruine des princes. On recouvre aisément un territoire que l'on a perdu ; mais il n'en £st pas de l même des serviteurs. 1»

Sire, dit Damanaka, quelle est cette nouveUt manière de raisonner ? Comment 1 Yonois rpgreoez 1 d'avoir tué un ennemi 1 On a dit :

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