LIVRE DEUXIÈME I
« Un roi qui veut être puissant doit ^re mettre à mort celui qui attente à sa vie, quand bien même ce serait son père, son frère, son fils ou son ami. »
« Celui qui connaît la vertu, Tintérêt et le plaisir, ces trois règles de conduite qu'il faut * suivre, ne doit pas avoir trop dt pitié : en effet, celui qui est indulgent ne peut pas même conserver ce qu'il tient dans ses mains. »
« Pardonner à son ennemi et à son ami est une vertu chez les sages qui s'attachent à vaincre leurs passions ; mais, dans un roi, l'indulgence » envers les coupables est un défaut. »
« Pour celui qui, par ambition de régner et par orgueil, désire prendre la place de son souverain, il n'y a pas d'autre expiation que la mort. » i « Un roi trop indulgent, un brahmane qui ^^^^nge de tout, une femme insoumise, un ami d'un mauvais naturel, un serviteur indocile, un administrateur négligent et un homme ingrat sont alitant de gens dont il faut se débarrasser. » Et surtout. Sire, sachez bien ceci :
« De même qu'une courtisane, un roi habile en politique se montre aous divers aspects : il est sincère et faux, dur et aimable, cruel et compa-
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tissant, avare et libéral ; il dépense toujours et amasse une grande quantité de pierres précieuses et de richesses. »
Lorsque Damanaka eut ainsi apaisé sa douleur, Pingalaka reprit sçn humeur naturelle et s'assit sur son trône. Damanaka, transporté de joie, s'écria : Vi^oire à notre grand roi, et bonheur au monde entier ! A partir de ce jour, il vécut heureux.
Vous avez entendu le Souhridbhéda, dit Vichnousarman. — Grâce à votre complaisance, répondirent les jeunes princes, nous FavoQs entendu, et nous en sommes satisfaits. — Eb bien 1 reprit Vichnousarman, écoutez encore ceci :
Puisse la désunion n'avoir jamais lieu que dans la maison de vos ennemis I Puisse le méchant être entraîné par la mort et marcher tous les jours à sa perte î Puisse le genre humain jouir sans cesse de toute espèce de bonheur et de prospérité I Puisse cette fable amuser toujours la jeunesse t
vigrâhâ ou la guerre.
ORsauE le temps de raconter de nouvelles histoires ûit venu, les jeunes princes dirent à Vichnousarman : Maître, comme nous sommes princes, nous avons un grand déàr d'entendre le Vigraha. — Je vous raconterai tout ce qui pourra vous faire plaisir, répondit Vichnousarman 'j écoutez le Vigraha ; en void le premier sloka :
Dans une guerre qui eut lieu entre les cygnes et les paons, et dans laquelle les deux partis léployërent une égale valeur, les cygnes se fièrent lox corbeaux, qui étaient dans le camp ennemi, -t lurent trahis par eux.
Comment cela? dirent les jeunes princes. Vichlousarman raconta la fable suivante :
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