‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 7 sur 131 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

UR les bords de la Bhàguîrathî est située une ville que Ton nomme Pâtalipoutra.

Dans cette ville régnait un roi qui possédait toutes les qualités d'un souverain ; il s'appelait Soudarsana. Un jour ce prince entendit quelqu'un réciter les deux slokas suivants :

« La science dissipe bien des doutes ; elle nous montre ce qui est caché ; elle est l'œil qui découvre tout : celui qui ne la possède pas est un aveugle. » et La jeunesse, la fortune, la puissance et le manque de réflexion sont quatre choses qui nuisent même séparément, et à plus forte raison quand elles sont réunies toutes les quatre. »

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Après avoir entendu ces paroles, le itn, 9/S6gé

de la conduite de ses ûls, qui, au lieu d'étudier les sciences et les lettres» négligeaient de s'instruire et s'écartaient continuellement de la bonne voie, fît les réflexions suivantes :

« A quoi sert-il d'avoir un fils qui n'est ni instruit ni vertueux ? A quoi bon un œil qui ne voit pas, sinon à nous incommoder ? »

« De ces trois choses : n'avoir pas de fils, ou avoir perdu le sien, ou en avoir un ignorant, on doit préférer les deux premières. En effet, elles ne nous affligent qu'une fois, tandis que la dernière nous cause un chagrin continuel. »

« Mieux vaut un avortement, mieux vaut Vahstinence de tout commerce charnel, mieux vatn un enfant mort-né, mieux vaut la naissance d'une fille, mieux vaut une femme stérile, mieux vaut l'impossibilité d'enfanter, qu'un fils ignorant, eûtil même en partage la beauté et la richesse. »

« L'homme véritablement né est celui do&t l'existence est une cause d'illustration pour sa famille. Dans ce monde qui accomplit sa révolution, quel est l'être qui ne renaît pas après aa mort? »

(( Si celle-là est mère qui a donné le jour à un

IKTRODUCnOM

fils i qtd l'enthousiasme ne fiak pas tomber la craie des mains quand il commence àénuraiérer b fonk des gens de mérite, dites : Qji'est-ce que la femme stérile ? »

cr Celui dont l'esprit ne s'apf^que m aux aisimônes, ni à la pénitence, ni à k braivoute, m à la sdence, ni à Tacquisition de la richesse, n*est qu'un excrément de sa mère, yr

« Mieux vaut avoir un seul ôls doué de mérite que des centaines de fils ignorants. La lune à die seule suffit pour dissiper les ténèbres, chose qas ne peut faire k foule innombraUe des étoiles» n

« A quoi sert-il sur k terre, l'être qui a isn k jeunesse de sa mère, et qui, en enteod^mt énamérer les gens de bien, ne lève pas le doigt en signe d'admiiatiaii ? »

« Celui qui aura accompli une pénitence difficile dans œi lieu sacré de pèlerinage devra aivoir un fils docik, fortuné, vertueux et sage. »

On a dît :

<K Sire, k fortune, une santé toujours boooe^ unelenuae chérie, une femme aimable, la fils docile et k science qui doxme k ridKSse : voilà six ckoses qui nous rendent heuicas dans ce monde. »

« Q}n est riche avec beaucoup de fils pareils à de petits boisseaux de grain qui ne remplissent pas le grenier ? Mieux vaut un seul fils qui soutient sa famille et qui fait la gloire de son père. »

« Un père qui fait dos dettes est un ennemi ; il en est de même d'une mère qui se conduit mal ; une femme belle est un ennemi ; un fils ignorant est un ennemi. »

« La science, lorsqu'on ne la met pas en pratique, est un poison; la nourriture devient un poison quand on ne peut pas la digérer; une réunion est un poison pour le pauvre ; pour un vieillard, une jeune femme est un poison. »

« Celui qui a donné le jour à un homme de mérite devient un objet de respect. A quoi pourrait servir un arc sans corde, le bambou fût-il même exempt de défauts ? »

« Hélas ! hélas i mon enfant, tu n'as pas étudié pendant toutes ces nuits passées. Aussi es-tu, au milieu des gens instruits, conune une vache qui s'enfonce dans un bourbier. »

Comment pourra-t-on maintenant faire de mes fib des hommes de mérite ?

« Le besoin de nourriture, le sommeil, la crainte et le commerce charnel sont quatre choses

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