‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 74 sur 131 · IV. — LES ÉLÉPHANTS ET LES LIÈVRES · texte numérisé non relu

IV. — LES ÉLÉPHANTS ET LES LIÈVRES

N jour qu'il n'y avait pas d'eau, quoique l'on fût dans la saison des pluies, une troupe d'éléphants tourmentés par la soif dit à son chef : Seigneur, comment ferons-nous pour vivre ? Il y a ici un endroit où se baignent les petits aninuux ; mais nous, nous ne pouvons pas nous baigner. Nous marchons comme des aveugles. Où allons-nous? Qpe faisons-nous? Le roi des éléphants s'avança jusqu'à une petite distance, et leur montra un étang dans lequel il y . avait une eau pure. Des lièvres qui demeuraient sur le bord de cet étang se trouvèrent écrasés sous les pieds des éléphants. Alors un lièvre que l'on nonunût Silîmoukha se mit à réfléchir, et dit : Cette troupe d'éléphants altérés viendra ici tous

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les jours, et c'en est fait de notre race. — Ne vous désespérez pas, dit i son tour un tIcox Eène nommé Vidja3ra, )e remédierai à cela. Après avoir fait cette promesse, il s*en alla, et, tout en marchant, il se dit en lui-même : G)nmient vais-;e parler devant cette troupe d'éléphants ?

(c Pour qu'un éléphant nous tne, il soffit qu'il nous touche ; pour nous donner la mort, un serpent n*a besoin que de nous flairer ; ua roi est cause de notre perte, même en nous protégeant ; un méchant nous tue même avec son sourire. »

Je vais par conséquent monter sur le haut dTwr montagne, et ensuite je parlerai au chef de la troupe. Le lièvre fit comme il avait dit. Q^ es-tu ? lui demanda le chef des éléphants, et d*où vienstu ? — Je suis, répondit le lièvre, un ambassadeur envoyé par le divin Tchandra. — Dis-moi ce qui t'amène ici, reprit l'éléphant. Vidjajra répondit :

« Lors même que l'on a recours à la force àts armes, un ambassadeur parle sans déguiser sa pensée : comme sa personne est inviolable, il dit toujours ce qu'il doit dire. »

Écoute, voici ce que mon maître m'ordonne de te dire : Ces lièvres sont chargés de garder Fétang

UVUE TROISIÈME I7I

deTchandra : tufs ea tort de les chasser, car Os sont mes ^pardes, et c'est pour cda que, dans le monde, je stns bien connu sous le nom de Sasanka.

Lorsque notre ambassadeur eut ainsi parié, le chef des éléphants fut saisi de crainte et répondit: C'est sans le savoir que j'ai agi ainsi ; je n'y retournerai plus. — Eh bien ! reprit l'ambassadeiir, le divin Tchandramas tremble de colère : va te prosterner devant lui au bord de l'étai^, et, dés que ta l'auras apaisé, quitte ces lieux. Qpand la nuit fut venue, Vidjaya conduisît féléphant au bord de l'étang : il lui montra l'image de la lune qui s'agitadt sur la surface des eaux ; puis il lui ordonna de se prosterner devant elle, et il dit : Seigneur, il vous a offensé sans le savoir ; par* dotmez-lni. En disant ces mots, il le fit partir.

Voilà pourquoi je dis : Qpdque puissant que soit un prince, on peut venir à bout de lui par la ruse, etc.

Je répondis aux oiseaux : Mon maître est un prince plein de majesté et très puissant; il est digne de régner même sur les trois mondes. Alors ils me maltraitèrent; puis ils me demandèrent pourquoi je voyageais dans leur pays, et me conduinrent devant le roi Tchitravama. Lorsque nous

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filkmes en présence du roi, ils s'inclinèrent devant lui, et lui dirent en me montrant : Sire, veuillez nous écouter. Cette méchante grue, tout en voyageant dans notre pays, ose outrager votre majesté. — Q)ii est-elle, demanda le roi, et d'où vientelle ? — Elle est, répondirent-ils, au service d'un cygDC nommé Hiranyagarbha, et elle vient du Karpoûradwipa. Ensuite je fus interrogée par un vautour, ministre de Tchitravama. Qjiel est, me dit-il, le premier ministre de ton pays ? — C'est, lui répondis-je, un tchakravàka qui possède une connaissance profonde de toutes les sciences ; il se nomme Sarvadjna. — S'il est né dans le pays même, reprit le vautour, il est digne de remplir les fonctions de ministre.

« Un roi doit toujours choisir pour ministre un honune né dans le pays même où il règne, qui pratique pieusement les devoirs de sa caste, qui est d'une fidélité reconnue, qui a étudié les sdences et les lettres, qui est exempt de vices, et d'une conduite irréprochable, qui connaît les lois, qui a de la réputation, qui sort d'une famille respectable, qui est savant, et qui enrichit le trésor. »

Cependant un perroquet prit la parole : Sire, dit-il, le Karpoûradwipa et les autres petits dwfpas

sont compris dans le Djamboudwlpa ; par conséqoent, l'antoriié de votre majesté s'étend aussi sur ce pays. — C'est vrai, répondit le roi,

« Un roi, un homme égaré par la pasùon, unadutt, un fou, et celui qui est fier de ses richesses, désirent ce qu'ils ne peuvent pas avoir, « i plus forte raison ce qu'Us peuvent acquérir. ■

Alors |e répliquai ; Si ce sont les paroles seoles qd constituent la souveraineté, je dirai aussi que le pouvoir d'Hiranyagarbha, mon maître, s'étend jusque sur le Djamboudwipa. — Dis-moi, reprit le perroquet, qud est le moyen de décider cette qoestionî — C'est de combattre, lui répondis-je. Le TKÂ sourit et me dit : Retourne vers ton maître, et dis-lui de &ire ses préparatifs de guerre. — Envoyez aussi yotre ambassadeur, répliqu^-je. ~ Q|ii enverrai-je en ambassade? dit le nn, car il &ut choisir pour ambassadeur quelqu'un qui léuuisse les quahtés suivantes :

( Un ambassadeur doit être un homme dévoué, doué de mérite, fidèle, adroit, résolu, exempt de vices et patient ; il doit ftre brahmane , savtùr denner les pensées les [Jus secrètes d'autrui, et K montrer sodable. »

On trouve Uen des gens qui possèdent ces qua-

titiK dit le vautour ; n brlhouDe qu'il faut choisir,

■ n ne pense qu'i contenter son maître et ne demande pas i s'enrichir. Le poison kâlakoAta ne perd pas sa noirceur parce qu'il est dan* la gorge de Siva. •

11 but par coaséqneni que le perroquet pMi«.

— Va avec cette giue, dit le toi au perroquet, et te i son maître ce que )e veux. — }e mis pr£t à obéir aui ordres de votre majesté, rëpoodk le peiroquet ; mus cette grue est tm Mseau mé- -chant, et je ne pars pas avec elle.

On a dit :

■ I^mécbant &it le mal, et il réussit daaa tout •^ qu'il primédite contre les gens de tûen : kgt*at aux dix visages (i) a bien pu «nlevor Sti. «t rOciau même a pu ètte enchaîné (a), a

Il ne £iut ni demeurer ni voyager avec un michant : une oie périt pour être restée avec m cocbeau, et une caille (3), pour avoir la^agt twti

t 1* prcujsllc de Undt de CfT^ui

Comment cela ? dit le roi. Le perroquet raconta la £d>le suivante :

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