‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 83 sur 131 · VI. — LA GRUE ET L*ÉCREVISSE · texte numérisé non relu

VI. — LA GRUE ET L*ÉCREVISSE

ANS le pays de Mâlava, il y a un étang qui porte le nom de Padmagarbha. Une vieille grue, qui avait perdu ses forces, restait au bord de cet étang, et faisait semblant d'être triste. Une écrevisse l'aperçut de loin, et lui dit : Pourquoi restez-vous là sans prendre de nourriture? — Les poissons me servent de pâture, répondit la grue, et des pêcheurs doivent venir ici les détruire ; j'ai appris cette nouvelle dans les environs de la ville : n'ayant plus alors de quoi subsister, je ne pourrai pas échapper à la mort. C'est cette certitude qui fait que je néglige de me nourrir. En entendant ces mots, tous les poissons se dirent en eux-mêmes : Cette grue se montre aujourd'hui disposée à nous protéger ; il faut lui demander comment nous devons faire. '

« n vaut mieux nous lier avec un ennemi' qui nous rend un service qu'avec un ami qui nous nuit : nous ne devons donner à l'un et à l'autre le nom d'ami ou d'ennemi que suivant le bien ou le mal qu'ils nous font. »

Grue, dirent les poissons, dans la situation où nous sommes, quel est le moyen de nous sauver? — Le moyen de salut qui vous reste, répondit la grue, c'est de vous réfugier dans un autre étang o\L je vous transporterai l'un après l'autre. — Soit, dirent les poissons effrayés. La méchante grue prenait les poissons un à un ; puis elle les partait dans un endroit où elle les mangeait, et, eu revenant, elle disait aux autres : Je les 2Û mis dans un autre (^tang. Cependant l'écrevisse lui dit : GruC) transportez-moi aussi dans cet étang. La grue, qui voulait aussi manger la chair d'une éaeviçse, dont elle n'avait jamais tâté, l'emporu respectueusement , et la. déposa à terre. L'écrevisse, vçiyant le sol jonché d'arêtes, se dit en elle-même : Ah malheureuse ! je suis perdue | Eh bien l jt; \^ip a^ir comm^ la circonstance l'exige. Cette .réflexion faite, ^ij. moment où -la grue allongeait s()n cou pour la tuer, l'écreyisse lui coupa la gorge avec ses pinces, et elle mourut. |

. Voilà pourquoi je dis : Après avoir mangé une grande quantité de gros, de moyens çt dp petite ' poisspns, etc., .

Alors le roi Tchitravarna reprit la parojc :

Ministre, dit-il, écoute-moi. Voici la r^exion

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