LIVRE QUATRIÈME
temps, et cdai qui n'est ni sincère ni juste : voilà vingt espèces d'hommes avec lesquds on ne doit point flore une alliance, mais seulement combattre, car, dès qu'ils ont la guerre, ils tombent bientôt sous le joug de l'ennemi . »
« Les hommes ne veulent pas se battre pour un enÊmt, parce que l'enfant a peu de puissance, et ne peut pas récompenser ou punir suivant que l*on a combattu ou que l'on n'a pas combattu. »
« N^ayant plus ni force , ni énergie, le vieillard et l'homme malade depuis longtemps deviennent tous deux un objet de mépris pour les leurs même : c'est une chose certaine. »
« Celui qui a été chassé par sa famille est facile à renverser, car tous ses proches s'unissent avec les autres pour le faire périr. »
« Le lâche déserte le champ de bataille, et se retire volontairement : lorsque ses soldats sont aussi lâches que lui, ih l'abandonnent dans le combat. »
« Lorsqu'un prince est avide, ceux qui le servent refusent de combattre, parce qu'il ne leur donne aucune part du butin, et, quand les serviteurs sont avides, ils se laissent corrompre par les présents, et font périr leur mdtre. »
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« Qpand un prince a pour officiers des hommes qui n'ont point de dévouement, il est abandocmé par eux au milieu d'une bataille. Celui qui est trop attaché aux plaisirs des sens est facile à attaquer. »
« Celui qui change continuellement d'avis dans le conseil devient odieux à ses ministres, et, Ionqu'il s'agit d'une affaire, ceux-ci le traitent avec dédain, à cause de la légèreté de son esprit. »
« Comme la puissance de la loi est toujours souveraine, celui qui méprise les dieux et les brahmanes se consume de lui-même : il en est ainsi de celui dont la destinée est malheureuse. »
« Celui qui attribue tout au destin, et croit qu'il est la seule cause du bonheur et du malheur, ne fait jamais aucun effort lui-même. »
« Celui qui a contre lui la famine et les calamités succombe de lui-même. Celui dont l'armée est en désordre n'a pas la force de combattre. »
« Celui qui ne reste pas sur son territoire se laisse battre même par un faible ennemi : dans l'eau, le plus petit alligator (i) vient à bout du plus fort éléphant. »
ce Celui qui a beaucoup d'ennemis passe ses
(i) Voyez la note, page xS4.
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jonn au milieu des alarmes, comme on [ugeou cotouré par des faucons : quel que soit le chemin qu'il prenne, il ne tarde pas i trouver la mort. »
« Celui qui ae fait pas avancer son armée lorsqu'il le faut est vaincu par celui qui sait choiàr le moment favorable pour combattre ; de même que, pendant la nuit, le corbeau privé de la lumière se laisse vaincre par le hibou. »
« n ne faut jamais faire une alliance avec cdui qui n'est ni sincère ni juste : car, lors même qu'un id homme est lié par un trûté, sa méchanceté naturelle le fMt bientôt changer de dispositions
Je vais vous dire encore autre chose : Faire la pài, entreprendre la guerre, faire halte, se mettre en marche, avoir recours à la protection d'un prince puissant, et semer la discorde, voili ce qu'on appelle les mx opérations. Trouver le moyen de commencer ce que l'on veut faire, être bien pourvu d'hommes et de munitions, coniwltre le lieu et le temps favorables, rendre à l'ennemi le mal qu'il nous fait, et atteindre au but qu'on se propose, c'est ce que l'on nomme les dnq parties de la délibération. La coaciliation, les présents, la diviûou et le châtiment, sont les quatre moyens
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de succès. La résolution, la sagesse dans les conseils, et la majesté, constituent la puissaice royale. Les princes qui veulent être viaorieax deviennent grands lorsqu'ils pensent toujours à cesdifiérentes choses.
« La Fortune, que l'on ne peut acheter même au prix de sa vie, tout inconstante qu'elle est, accourt d'elle-même dans la maison des princes habiles en poHlique. »
On a dit :
« Le prince qui partage toute sa fortune avec ses serviteurs, qui a un espion caché, qui tient ses délibérations secrètes, et ne dit jamais un mot désagréable à aucune créature, règne sur toute h terre, et sa puissance n'a pas d'autres bornes que l'Océan. »
Mais, Sire, quoique le vautour son premier ministre lui conseille de faire la paix, le roi notre ennemi, fier de la victoire qu'il a remportée, n'y consentira pas à présent. Voici donc ce qu'il '£iut faire : le sârasa Mahâbala, roi du Sinhaladwfpa, est notre aUié ; eh bien I qu'il exdte le mécontentement ^ans le Djamboudwt]^.
« Qu'un guerrier garde le pins grand secret, ^ja^ marche contre l^ennemi avec une armée
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rangée eaJK>ai0ufa3c, etqu*U lui fia8B:4Uitantxle mal qu'il tntA'a^mSm:\uimièaeiYtmiamyiùffr' vamsé à .seaJtaÊt^ yknt ion k paix.j»
Soit, répondît ie-foi. Et il esurojntfdaûsU&SHihakukw^ uae. ,gnie nommée ..Vitdiitnb, assecome dépèche secrète.
Cependant l'espion revint auprès da n>i^M£t lui dit : Sire» écoutez ce qui a été ditchfi&Jiotre
Le vamour.dit au t<â : Stre, .Méghiavaaia a demeuré longtemps chez nos ennonis ; il sait -si Je roLUicaayagazbha mérite ou ne.mécite paS' que l'on fasse une alliance avec lui. Alors le rot Tëbitravarna fit appeler Méghavama, et lui dit :
Corbeau, qu'est-ce que ce roi Hiranyagarbha, et qu'est-ce que le tchakravâka, son ministre? — Sire> répondit JMéghavama» le .roi I&anyagarbha est .aussi igvuMiique Youdhichthiia^ c'est un prince au^ffucsixat et véiidique. Qjiant au Achakravâka, onme pfittt.roicomiseï: nulle part ua :mtniB»re:iqui l'égale.. -^ S'îl.en.esi alasii ,B(|nit lejrot». comrnant a*4-il fu^ètse trompé .far toi ?
Mdjgluvaaia répondit:
it C^idte. adresse: y a*c-il À.tiomper\ceox dont ott il tg^[iiè.k/Cfliiâa«ce'?iEscabderiaulaaicnre
2Sa HITOPADÉSA
d*an homme, et le tuer pendant son sommeii^ peut-on appeler cela du courage ? » l
Écoutez, Sire : le ministre a reconnu qui j'étai% dès qu'il m'a vu pour la première fois ; mais k roi est un prince généreux : voilà pourquoi fi réussi à le tromper.
On a dit : I
Celui qui juge d'autrui par lui-même, et aoU qu'un méchant lui parle avec sincérité, est trompa comme le brahmane qui se laissa prendre sa chèvi^ par des voleurs. {
Comment cela ? dit le roi. Méghavama racoDU l'histoire suivante :