‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 9 sur 131 · INTRODUCTION II · texte numérisé non relu

INTRODUCTION II

'on arrive au but qu'on se propose. Les daims ne ront pas se jeter dans la gueule du lion pendant on sommeil. »

a L'en£mt bien élevé par ses parents devient un lomme de mérite : un fils n'est pas instruit parce {u'il est sorti du sein de sa mère. »

« Un père et une mère qui ne font pas insruire leur enfant sont pour lui des ennemis. Un lomme élevé de cette manière ne brille pas dans me réunion : il est conune la grue au milieu des :ygnes. »

« Les hommes, même jeunes et beaux et ^sus l'une illustre famille, ne brillent pas s'ils sont gnorants : ils ressemblent à des kinsookas sans )deur. »

«c Celui qui ne s'est pas instruit par la kcture les livres, et qui n'a pas étudié auprès d'un pré* :epteur, ne brille pas dans une réunion : il est omme les femmes devenues grosses par suite d'un idultère. »

« L'ignoram ne briUe dans une réunion que par on costume ; l'ignorant ne brille que tant qu'il ne lit rien. »

Après s'être livré à ces réflexions, le toi convioi^ua une réonion de pandits. Pandits, leur dit-il,

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écoutez mes paroles. Mes fils s'écartent continuellement de la bonne voie et n'étudient pas la sciences et les lettres. Y a-t-il un savant assez habile pour les régénérer en leur enseignant la science de la politique ?

« Le verre, quand il est uni à l'or, acquien l'éclat de l'émeraude : de même l'ignorant acquien du talent par la. fréquentation des sages. »

« Mon fils, en fi-équentant les gens au-dessous de soi, on perd son intelligence ; en fréquentar/i ses égaux , on reste leur égal ; la fréquentation des hommes supérieurs nous mène à la supériorité. »

Cependant un pandit distingué, nommé Vichnousarman, qui connaissait tous les principes àt la science politique aussi bien que Vrihaspati, prit la parole : Sire, dit-il, je puis enseigner la scient de la politique à ces princes, vos nobles fils.

« On a beau se donner de la peine pour une chose sans valeur, on n'en peut rien tirer. Quelques efforts que Ton fasse, on ne peut apprendre à k grue à parler comme le perroquet. »

« Mais, dans cette famille, il ne naît aucus enfant dépourvu de qualités. Comment le cristal pourrait-il se produire dans une mine de rubis ? »

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Ainsi, en Tespace de six mois, je ferai de vos \s des hommes savants en politique.

Le roi répondit avec respect :

« L'inseae lui-même, quand il est sur une fleur, élève au-dessus de la tête des hommes les plus ninents ; une pierre même devient un être divin •rsqu'elle a été consacrée par des hommes supéeurs. »

« Sur la montagne de Torient, le soleil commu- .quc sa clarté aux objets qui Tenvironnent :

nsi le contact des hommes éminents répand un ^rtain éclat sur l'homme de basse condition lême. »

« Si Ton sait distinguer la vertu du vice, on îvient vertueux ; si Ton s'attache au vice,' on îvient méchant. Les rivières, à leur source, ont le eau douce ; dès qu'elles se sont mêlées à Dcéan, leurs eaux ne sont plus bonnes à boire. » Personne ne pourrait mieux que vous enseigner

science de la politique à mes fils.

En disant ces mots, le roi confia respectueuseent ses flls à Vichnousarman. Le pandit se pré- Qta devant les jeunes princes, qui se reposaient inquillement sur la terrasse du palais, et débuta i ces termes :

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« La science est sans contredit le plus bel orr. ment de Thomme ; la science est un trésor cache la science est un ami qui nous accompagne daz nos voyages ; la science est une ressource înépui sable ; la science mène à la gloire et charme tois une réunion; la science est Tœil suprême; 1 science nous fait vivre dans ce monde : sans 1 science, Thomme est une brute. »

ff Une contrée privée du Gange est une contri stérile ; une £miille dépourvue de science est m famille détruite ; une femme qui n'a point d^n fants est une femme morte ; un sacrifice qui n\ pas accompagné de présents est un sacrifice ini tile. »

« Les gens sensés passent le temps à se distrsi par la leaure des poètes, tandis que les ignorai le passent à se livrer au vice, à dormir on à quereller. »

Je vais donc, pour amuser vos seigneurie raconter la jolie fable du corbeau, de la tortue de leurs amis. — Racontez-la, répondirent 1 jeunes princes. — Écoutez, reprit Vichnousanm je commence le Mitralâbha ; en voici le premi sloka :

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