LIVRE QUATRIÈME
séparation, et la naissance n'est pour ainsi dire que l'approche de la mort, dont on ne peut enfreindre la loi. »
a La rupture des douces liaisons que l'on a avec ceux que l'on aime est une chose aussi terible que le changement de nourriture pour celui qui adopte un mauvais réginfè. »
« Fils de Raghou (i), en le pleurant, les parents* et les amis qui l'affectionnaient lui ont fait perdre le del par les larmes qu'ils ont versées. »
« De même que les rivières suivent leur cours, et ne remontent pas vers leur source, les nuits et les jours s'écoulent sans cesse, et emportent avec eux la vie des mortels. »
« La société des gens de bien, le plus grand bonheur que l'on goûte dans ce monde, est attachée au joug des douleurs, parce qu'elle a pour terme la séparation. »
« Les sages ne recherchent pas la société des gens de bien, parce qu'il n'y a point de remède pour guérir un cœur blessé par le glaive de la .séparation. »
« Sagara et d'autres rois encore ont fait de
(0 ^g^va (fils de Raghou), nom patronymique de Râmn.
belles actions ; maïs, eux et leurs œuvres, tont a péri. »
« A force de songer à la mort impitoyable, HHictivité de Thomme sage se relâche comme une courroie mouillée par la pluie. »
« A partir de la première nuit de son séjour
dans le sein de sa mère, l'être issu de la taee des
hommes ou des héros va chaque jour droit vtr^ la mort. »
Il ne faut pas, par conséquent, penser 1à ce monde. S'affliger ainsi, c'est faire pretwe -d'uiie grande ignorance. Considérez ceci :
« Si ce n'est pas l'ignorance, mais la sépaiation, qui est cause que l'on s'afflige, pourquoi le chagrin n'augmente-t-il pas à mesure que les jours s'écoulent? »
Calmez donc votre douleur, et éloignez toute pensée affligeante de votre esprit.
« Un chagrin profond lance soudain contre nous des traits qui nous déchirent le cœur. Pour guérir les blessures que nous font ces traits, le meilleur remède est de n'y point songer. »
En entendant ces paroles, Kaundinya se leva comme un homme qui se réveille ; puis il s'écria : Malmenant, ma maison est pour moi un «ifer ;