‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 94 sur 131 · LIVRE QUATRIÈME 26 S · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME 26 S

Les paroles et les douces remontrances de Kapila calmèrent la douleur qui consumait Kaundinya, et le malheureux père prit le bâton, selon la r^le prescrite (i). Voilà pourquoi je suis sous le poids de la malédiction d'un brahmane et je reste ici pour porter des grenouilles.

La grenouille alla aussitôt raconter cette aventure à Djâlapâda, la reine des grenouilles. Celle-ci vint, et monta sur le dos du serpent. Dès que la grenouille fut sur son dos, le serpent se promena, et alla bon train. Le jour suivant, comme il ne pouvait plus avancer, la reine des grenouilles lui dit : Pourquoi allez-vous si doucement aujourd'hui? — Princesse, répondit le serpent, c'est le manque de nourriture qui m'a fait perdre mes forces. — Eh bien ! reprit la reine, mangez des grenouilles, je vous l'ordonne. — C'est une grande faveur que vous m'accordez, répondit le serpent ; puis il mangea les grenouilles l'une après l'autre. Qjiand il vit qu'il n'y avait plus de grenouilles dans l'étang, il mangea la reine à son tour.

(l) Lorsque le chef de famille, dit la loi de Manon, voit ses cbereox blanchir et sa peau se rider, il doit se retirer dans une forêt, et n'emporter avec lui qu'un bâton, un plat et une ail

Voilà pourquoi je dis : Le sage, quand il a un motif qui le fait agir, doit même, s'il le fmt. porter ses ennemis sur son épaule, etc.

Sire, ne nous amusons plus maintenant à tslconter de vieilles histoires. Le roi Hiranyagafliha est tout à fait digne de notre alliance, et mon avis est qu'il faut faire un traité avec lui. — A quoi penses-tu donc ? répondit le roi ; comme nous l'avons vaincu, il peut rester, s'il consent à ctre notre sujet ; sinon, il faut continuer la guerre.

Sur ces entrefaites, le perroquet, arrivant du Djamboudwipa, dit au roi : Sire, le sârasa qui est roi du Sinhaladwîpa vient d'envahir le Djamboudwîpr. et de s'y établir. — Qjie dis-tu? que dis-tu? s'écria le roi tout ému. Le perroquet lui raconta ce qui a été dit plus haut. Bien I ministre tchakravâka, bien ! très bien ! se dit le vautour en lui-même. — Qu'il y reste, s'écria le roi a«c colère, et je vais l'exterminer ! Doûradarsin dit en souriant :

« Il ne faut pas gronder en vain comme un nuage d'automne : celui qui est grand ne âévoUe pas la force ou la faiblesse de son ennemi. »

« Un roi ne doit point combattre plusieurs

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