LIVRE QUATRIÈME
à la Fois : le serpent, tout orguinllcux qu'il est, ne peut échapper â h mort quand il «t attaqué par une multitude d'iusectus. »
Sire, pouvons-nous nous en aller d'ici sans fain; h paix? Si nous faisons ainsi, l'ennemi nous attaquera par derrière.
L'insensiï qui, avant de connaître la vérité, se laisse aller i b colère, éprouve des regrets comme le bdthmane qui tua son ichneuraon (i).
(Comment cela? demanda le roi. Doûradarsiii raconta l'histoire suivante :
— ^^ L y avait à Oudjayinî un brahmane HHb nommé Mâthara. La femme de ce Mh- BUB manc, venant d'accoucher, laissai i soit mari le petit enfant à garder, et alla faire ses ablutions. Cependant le roi fit appeler le brâliinane pour célébrer un parvanasraddha. Dis qu'il eut reçu cette invitation, le brahmane, qui rtait pauvre, se dit en lui-même : Si je n'y vais pas.
bien vite, un autre le saura, et recevra les présents du sraddha.
<c Qjiand il s'agit de recevoir, de donner, et de célébrer un sacrifice, si Ton ne se hâte pas, le temps emporte avec lui tout le fruit de l'œuvre (i). »
Mais il n'y a personne ici pour garder l'enfant. Que vais-je donc faire ? Eh bien ! je vais confier la garde de mon fils à cet ichneumon, que je nourris depuis longtemps, et que j*aime comme s'il était mon enfant ; puis je m'en irai. Le brahmane fit ce qu'il avait dit, et alla au sacrifice. L'ichneumon vit un serpent noir (2) qui venait vers l'enfant, et le tua. Lorsqu'il vit le brahmane revenir, il courut à sa rencontre, avec la gueule et les pattes ensanglantées, et se roula à ses pieds. Le brahmane, le voyant dans un pareil état, crut qu'il avait dévoré son enfant, et il le tua. Il s'approcha aussitôt pour regarder, et vit l'enfant sain et sauf, et le serpent mort. S reconnut alors que l'ichneumon avait sauvé son enfant, et, voyant ce que cet animal avait £iit,
(i) Il y a dans le texte : Pibati tadrasam, c'est-à-dire m boit le Jus.
(2) Voyez la note, page 137.