‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 96 sur 131 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

il eut regret de son emportement, et tomba dans nne tristesse profonde.

Voilà pourquoi je dis : L'insensé qui, avant de connaître la vérité, se laisse aller à la colère, etc.

« La concupiscence, la colère, la cupidité, la joie, l'orgueil, et l'emportement, voilà six choses qu'il feut éviter : en y renonçant, on peut être heureux. »

Ministre, dit le roi, c'est bien là ton avis ? — Oui, répondit le ministre.

« De la mémoire, de l'habileté dans la discussion des affaires importantes, une connaissance sûre, de la fermeté, et de la discrétion, telles sont les principales qualités d'un ministre. »

« Il ne faut rien faire avec précipitation, car l'imprudence est la source principale des malheurs : le succès recherche le mérite, et s'attache à celui qui n'agit qu'après avoir bien réfléchi. »

Sire, si vous voulez maintenant suivre mes conseils, faisons la paix, et allons-nous-en.

« Bien que l'on ait indiqué quatre moyens de réussir dans ses projets, le succès qui résulte des quatre est toujours dans la conciliation. »

Cela peut-il se faire promptement ? dit le roi. — • Sire, répondit le ministre, ce sera bientôt fait.

V. Le méchant est comme un vase d'argile, que Ton brise avec facilité, et que Ton raccommode difficilement ; mais Thomme de bien ressembk à un vase d*or, qu'il est difficile de briser, et que Ton raccommode en peu de temps. »

tt II est facile de se concilier un ignorant ; il est plus facile encore de se concilier uii homme imelligent. Quant à celui qui ne possède que peu de connaissances, Brahmâ lui-môme ne peut le gagner. »

Le roi Hiranyagarbha est un prince très vertueux, et son ministre est doué d'une haute sagesse. Je sais cela depuis longtemps, parce que Méghavarna nie l'a dit, et que j'ai été moi-même témoin de h nunière dont ils ont fait leur devoir.

« C'est par les œuvres qu'il feut toujours juger <lu mérite et de la conduite des absents. C'est donc suivant leurs conséquences que nous devons apprécier les actes de ceux qui sont loin de nous. »

Il est inutile de discuter plus longtemps^ dit le roi ; fais comme tu voudras.

Après avoir donné ces conseils à son souverain, le vautour premier ministre alla dans la forteresse. La grue qui avait été envoyée comme espion revint iîlors auprès du roi Hiranyagarbha, et lui dit : Sire,

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