‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 97 sur 131 · LIVRE aUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE aUATRIÈME

le vautour premier ministre viem d'arriver pour faire la paix. — C'est encore quelque espion que notre ennemi nous envoie, dit le cygne à son ministre. — Sire, répondit Sarvadjna en souriant, il n'y a rien à craindre, car Doûradarsin est doué d'un noble caractère. Une pareille défiance ne convient d'ailleurs qu'à diis esprits faibles. Q.uelquefois on ne se défie de rien, et d'autres fois on se défie du tout.

a Le cygne, malgré son adresse, lorsqu'il a été plus d'une fois trompé par l'ombre des étoiles, en cherchant, pendant les nuits, la branche du lotus sur l'étang, ne mord plus, même pendant le jour, la blanche fleur du lotus, parce qu'il se défie des ctoiles. Ainsi les hommes, craignant d'être trompés» soupçonnent de mauvaises intentions la sincérité mâme. »

Sire, il faut apprêter des bijoux et toutes espèces d'objets, autant que nous le pouvons, afin de lui en faire présent, et de le traiter avec distinc-

Ce conseil fut suivi. Le tchakravâka alla au- Jf^ant du vautour ministre, à la porte de la forteresse. Il le reçut avec toutes les marques d'honneur, et le présenta au roi. Puis on donna un

siège i Doûradar^n, et on le fît asseoir. Grand ministre, lui dit le tchakravâka, ce royaume tout entier vous appartient ; disposcï-en comme vous voudrci. — Oui, dit le cygne. — Soit, râpondii Doûradarwn ; mais il est inutile d'entrer inunienant dans de longs discours.

« Il faut se concilier l'avare par l'argent ; l'homme sOvËre, .par la soumission ; l'ignorant, par la douceur, et l'homme instruit, par la franchise. ■

u On se concilie un ami par de bons sentiments: des parents, par le respect; des femmes et des serviteurs, par des présents et des égards, et les autres hommes, par son adresse. "

Maintenant, faisons U paix, afin que le grand roi Tchitravarna puisse s'en aller. .— Dites-nous comment nous devons faire la paix, dit le tchakravâka. — Combien y a-t-il de sortes de traités? demanda le cygne. — Je vais vous le dire, répondit le vautour.

Ëcoutei :

u Lorsqu'un prince, attaqué par un ennemi plus fort que lui, ne peut plus exercer de représailles, et n'éprouve que des revers, il doit temporiser, et chercher à faire la paix. »

« II y a. dit-on, seize espèces de traités, ainsi

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nommées : kapâla, oupahâra, santâua, sangata, oupanyâsa, pratîkâra, sanyoga, pourouchantara, adrichtanara, âdichta, âtmâdichta, oupagraha, parikraya, outtchhanna, parabhoûchana, et skandhopanéya. Voilà ce que les hommes habiles en matière de traités ont appelé les seize alliances. »

« On désigne sous le nom de kapâla le traité conclu simplement et avec des conditions égales. Celui que Ton conclut après avoir offert un présent, se nomme oupahâra. »

« Sous le nom de santâna, on doit entendre le traité qui a pour préliminaire le don d'une fille en mariage. Les sages appellent sangata l'alliance fondée sur l'amitié. »

« Cette alliance dure autant que la vie; elle est basée sur un accord mutuel; dans la prospérité comme dans l'infortune, rien ne peut la briser. »

<c Cette alliance sangata, à cause de son excellence, peut être comparée à Tor ; aussi des hommes habiles dans l'art des traités l'ont-ils nommée l'alliance d'or. »

« La paix que l'on conclut en donnant pour gage ses biens ou sa personne est appelée oupa-

nyâsa par ceux qui sont experts en ce genre de traité. »

« L'alliance fondée sur ce principe : Je hii ai prêté assistance autrefois, il en fera autant pour moi, se nomme pratîkâra. »

« Je lui prête assistance, et il en fera sotant pour moi : c'est encore une alliance pratUcâra. Telle est celle que Râma fit avec Sougrîva. »

« Lorsque les deux parties visent au même but, et s'unissent pour mettre un projet à exécution, Talliance a lieu selon l'égalité, et est appdêe sanyoga. »

« Je laisse aux chefs de nos deux armées le soin de remplir mes intentions : la paix conclue suivant cette convention, et dans laquelle on donne un gage, est nommée pourouchantara. »

« La paix conclue suivant cette convention :

C'est vous seul que je charge de remplir mes intentions, et dans laquelle l'ennemi nous donne un gage, est appelée adrichtapouroucha. »

« Lorsqu'on se débarrasse de son ennemi en lui cédant une portion de territoire pour acheter la paix, le traité se nomme âdichta, disent les hommes habiles en matière de traités. »

« La paix que l'on fait négocier par son année

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