‹ Hitopadésa, ou L'instruction utile: recueil d'apologues et de contesChapitre 98 sur 131 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

s'appeUe âtmâdichta. Lorsque, pour sauver ses jours, on donne tout ce que l'on possède, le traité est nommé oupagraha. »

« Lorsque Ton donne une partie de son trésor, ou la moitié de son trésor, ou même tout son trésor, pour conserver le reste de ce qu'on possède, le traité est appelé parikraya. »

« Lorsque l'on cède d'excellents territoires, le traité se nomme outtchhanna. Lorsque l'on donne les produits de tout son territoire, il s'appelle parabfaoûchana. »

« Lorsque l'on apporte sur ses épaules des productions que l'on a récoltées, le traité se nonrnie skandhopanéya, disent les hommes experts dans l'art des traités. »

« U faut distinguer encore quatre espèces d'alliances, savoir : Talliance offensive et défensive, l'alliance d'amitié, l'alliance de parenté, et l'alliance achetée par des présents. »

« L'alliance achetée par des présents est la seule que j'approuve : car, dans toutes les alliances qui ne sont point accompagnées de présents, il ne peut y aroir d'amitié. i>

c Celui qui attaque, étant le plus fort, ne se retire pas tant qu'il n a rien reçu : voilà pourquoi il

ne connaît point d'autre alliance que l'alliance achetée par des présents. »

Vous êtes très savant, dit le roi ; enseignez-nous donc ce qu'il faut faire. — Ah ! que dites-vous? répondit le ministre.

« Quel est celui qui voudrait renoncer à la vertu pour ce corps que Finquiétude, la maladie ou le chagrin peuvent détruire aujourd'hui ou demain?»

« La vie des mortels est aussi agitée que Timage de la lune sur la surface des eaux : Thomme, sachant que telle est la vie, doit constamment pratiquer la vertu. »

« L'homme, en considérant cette existence fragile et semblable aux vapeurs qui s'élèvent dans un désert, ne doit contracter amitié qu'avec les gens de bien, afin de conserver sa vertu et son bonheur. »

Voici, à mon avis, ce qu'il faut faire :

« Si l'on mettait dans une balance, d'un côte mille aswamédhas, et de l'autre la vérité, la vérité, à elle seule, l'emporterait sur les mille aswamédhas. »

Il faut que les deux rois prêtent serment au nom sacré de la vérité, et concluent l'alliance appelée l'alliance d'or. — Soit, dit Sars^adjna.

Alors le cygne traita le ministre Doûradarsin avec distinction, et lui fit présent de joyaux, de vétetnents et de tnjoux. Le ministre, satisfait, emmena le tchakravâka avec lui, et le conduisit auprès du paon. Le roi Tchitravama, i la demande du vautour, combla Sarvadjna de marques d'honneur. Il lui fit des présents, et s'entretint avec lui; puis il le renvoya auprès du cygne, après avoir ratifié le traité. Sire, dit Doûradarsin, notre désir est accompli ; retournons maintenant dans le Vindhya, notre demeure.

Ib rentrèrent tous chez eux, et jouirent paisiblonent du bonheur que leur cœur désirait.

Vïchnousarman dit aux jeunes princes : J'ai fini de raconter le Sandhi ; dites-moi, faut-il que je vous raconte autre chose? — Maître, répondirent les jeunes princes, grâce à votre complaisance, nous connaissons tout ce qui concerne la pratique de l'art de régner, et nous sommes satis&its, — Cependant, reprit Vïchnousarman, écoutez encore

Puissent tous les souverains victorieux trouver toujours le bonheur dans la paix I Puissent les gens de Inen Are heureux I Puisse la renommée des hommes \'ertueux durer longtemps et gran

Puisse la science de ta politique se reposa continocUement sur le sein des ministres, comme ooc coartisane, et leur prodiguer ses baisers sur la bo«cbe I Puissent les ministres eui-mèmes s'devçr de jour en jour aux plus hautes dignités I

TABLE ALPHABÉTIQUE

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