Corrtspondanoe de Napoléon^ n° o
A Sainte Hélène, Napoléon, manquant de mémoire ou revenu sur sa première opinion, a voulu prouver que l'armée gallo-batave (( devait être indépendante... » {Mémoires de Napoléon^ Gourgaud, t. Il, p. 48).
D. Correspondance de Napoléon, ïi° Wi2.
6. ïhugut à Colloredo, 5 et 7 août 1800 (Vivenot, loc. cit., t. II, p. 2i33 et 25a).
faire de ce désaveu une rupture, Thugut proposa, le 23 thermidor, l'ouverture d'un congrès sur le territoire français à Schlestadt ou à Lunéville. Il assurait que l'Angleterre y était tout aussi disposée que l'Autriche et que, si le Premier Consul s'y prêtait, on pouvait arriver à conclure non seulement la paix continentale, mais la paix générale*.
Bien que très irrité, Bonaparte accepta la réunion du congrès à Lunéville ; mais il fit expédier, le 3 fructidor (21 août), des courriers extraordinaires à Moreau, à Brune et à Augereau, pour les prévenir que les hostilités recommenceraient dans les dix premiers jours de septembre ^.
Aux propositions de Thugut, Talleyrand répondit par une lettre assez dure où il attribuait au traité de subsides signé avec l'Angleterre le refus par l'Autriche de ratifier les préliminaires : (( Ce n'est pas, certes, ajoutait-il, ce que le peuple français avait droit d'attendre, et lorsqu'il mettait une foi entière dans les déclarations qui lui étaient faites des dispositions pacifiques de S. M. I., il ne prévoyait pas qu'elles étaient encore dépendantes des volontés de la cour de Londres ^ )).
Le Premier Consul acceptait l'admission de l'Angleterre au congrès de Lunéville, mais proposait à son tour à Vienne et à Londres la conclusion d'un armistice naval, qui lui eût permis de ravitailler Malte et d'envoyer des renforts en Egypte ^.
1. Thugut à Talleyrand, Il août (Vivenot, loc. cit., t. H, p. 255).
2. Rapport du Ministre des relations extérieures sur les négociations avec la cour de Vienne, lu en Conseil d'Etat le 6 fructidor an VIII (Archives des Affaires étrangères, Autriche, vol. 371, f'* 89 et suiv.).
3. Le Ministre des relations extérieures au baron de Thugut, Paris, 6 fructidor an VIII {Ibid., Autriche, vol. 371, f» 112).
4. Talleyrand à Otto, commissaire de la République française en Angleterre, 3 fructidor an VIII {Ihid., Angleterre, vol. 593, f" 483); le même au même, 24 fructidor an VIII {Ibid., P 277). — « Notre objet principal étant de pouvoir communiquer avec l'Egypte, il n'y a pas lieu de discuter plus longtemps tout projet de trêve qui ne remplirait pas ce but >) [Le même au même, 8 vendémiaire an IX (/6k/., Angleterre, vol. 594, f» 37)].
C'est dans ce but qu'il s'était montré si modéré *. Il apprit bientôt que la conclusion de cette trêve était à peu près illusoire- ; et que le gouvernement anglais croyait aux prochains succès de TAutriche^^
Dès l'arrivée du courrier envoyé par Bonaparte, Moreau, qui s'était rendu à Strasbourg le 30 thermidor ^* afin de « faire avancer un équipage de siège et de ponts » nécessaire au passage de rinn et de la Salzach ^, envoya aussitôt les premières instructions à Dessolle pour la reprise des hostilités ^. « Je doute encore, écrivait-il au Ministre de la guerre, que les Autrichiens acceptent la gageure '^ ». Son intention était de se porter sur l'Inn avec le corps de réserve et celui de Grenier, tandis qu'à droite Lecourbe, secondé par la deuxième armée de réserve, marcherait sur Innsbruck. Sainte-Suzanne à gauche serait chargé d'investir Ulm et Ingolstadt. Enfin, une division de l'aile gauche contiendrait Klenau et les troupes dé rélecteur de Bavière dans le Haut-Palatinat. Afin de garantir ses ailes, Moreau demandait au Gouvernement de faire entrer en campagne, le plus promptement possible, les armées batave et de réserve^.
Moreau partit de Strasbourg le 8 fructidor pour retourner à Augsburg, où il arriva le 9 au soir^. Le 11, les ordres de
1. Emile Bourgeois, Manuel historique de politique étrangère, t. II, p. 214.
2. Otlo, commissaire de la République française en Angleterre, au Ministre des relations extérieures, Londres, 21 fructidor an VIII (Archives des Affairesétrangères, Angleterre, vol. 593, f« 270) ; le même au même, 12 vendémiaire an IX {Ibid., \ol. 594, f» 38).
3. Le même au même, Londres, 4« jour complémentaire an VIII [Ihid.^. f» 295).