Moreau au Ministre de la guerre, Strasbourg, 7 fructidor
8. Moreau au Ministre de la guerre, Strasbourg, 7 et 9 fructidor.
9. Journal des Défenseurs de la Patrie du 14 fructidor; Journal des Débats^ du 20 fructidor.
concentration furent expédiés à toute l'armée du Riiin ^ dont les cantonnements en Bavière et en Franconie avaient été (( combinés de manière à pouvoir la rassembler sur l'Isar en huit marches ^^ )).
A cette même date, le Premier Consul fit connaître au Ministre de la guerre son plan général de campagne et le chargea d'en informer les quatre généraux en chef. Moreau davait commencer les hostilités au plus tard le 22 fructidor et manœuvrer de façon à « jeter l'ennemi derrière TEnns*^ ». xVugereau borderait la Rednitz quand Moreau aurait franchi l'Inn ; il pousserait des partis en Bohême « pour donner de l'inquiétude à l'ennemi, sans cependant se compromettre ». Moreau laisserait à sa disposition cinq bataillons, formant au moins 3.000 hommes, du corps de Sainte-Suzanne. Macdonald était chargé d'occuper le plus tôt possible Coire, Feldkirch, Glaris ; puis de se porter sur Botzen quand l'armée du Rhin aurait commencé son mouvement, « afm d'opérer une diversion favorable à l'armée d'Italie ». Le Premier Consul jugeait utile qu'il fût arrivé à Botzen le i^^ vendémiaire (23 septembre). Brune, de son côté, se porterait sur l'Adige a afm de donner, à Trente, la main à l'armée de réserve ». Bonaparte désirait qu'il se trouvât à Vérone du 1^^ au 5 vendémiaire. Brune devait s'emparer de Peschiera, de Porto-Legnago et faire le blocus de Mantoue en y employant principalement des Italiens €t des Polonais ^.
Le 14 fructidor (1^^' septembre), toute l'armée du Rhin était en marche « pour se réunir, en avant de Miinich et sur les
1. DjssoUe à Gucliii, à Richepaiice, à Greaiei*, à Sainte Suzanne, à d Haulpoul, à Bastoul, à Grandjean, à Decaen, Augsburg, 11 fructidor. — L'armistice ne pouvait être rompu qu'après un préavis de douze jours.
2. DessoUe au Ministre de la guerre, Augsburg, 10 tliermidor. — Voir le croquis n" 2.
3. Carnot, transmettant ces instructions le 1Î5 fructidor, écrit : « Le Premier Consul désire... que le but de vos manœuvres soit de jeter l'ennemi derrière rfnn {sic) ».
4. Correspondance de Napoléon, n"* 5075. — Cf. Ihid., n»' 5077 et viOSo.
SITUATION gi':ni':rale 9
débouchés (du Tyrol) entra le Lech et Tlsar* ». Moreau comptait avoir terminé le rassemblement de ses forces, à l'est de Munich, entre l'Isar et Tlnn du 21 au 22 fructidor-. Le Premier Consul approuvait d'ailleurs complètement ses projets^.
Sur les instances du plénipotentiaire Lehrbach, arrivé sur rinn, Moreau consentit à ne pas reprendre les hostilités avant le retour du courrier porteur des dépêches du cabinet de Vienne au Ministre des relations extérieures ^.
Ce message ne contenait « aucune réponse positive », et le Premier Consul en conclut que PAutriche voulait gagner l'hiver qui, par ses rigueurs, forcerait les Français à remettre la campagne au printemps suivant. Le 26 fructidor, il fit télégraphier à Moreau de recommencer les hostilités, à moirs que Pon ne consentît à remettre sans délai à Parrnée du Rhin les places d'Ingolstadt, Ulm et Philippsburg. Dans ce cas, Moreau était autorisé à accorder une prolongation de suspension d'armes d'un mois -K Moreau en avisa immédiatement le commandant en chef de Parmée autrichienne ^.
L'Empereur ava't quitté Vienne le 6 septembre pour se rendre à Parmée, dont il désirait voir la situation par lui-même et dont il se proposait de relever le moral ''. Il constata qu'elle n'était pas en état de reprendre la lutte avec avantage ^. Lehrbach et surtout le général Lauer déclarèrent qu'il fallait accepter les propositions du Premier Consul; que des combats immédiats ne pouvaient amener que des désastres ; que la cession des trois forteresses renforcerait l'armée de leurs gar-