‹ HohenlindenChapitre 138 sur 344 · Lecourbe à Moreau, Aibling, 10 frimaire · texte numérisé non relu

Lecourbe à Moreau, Aibling, 10 frimaire

COMBAT d'aMP?ING 157

faire face si cet événement imprévu venait à se produire. Moreau comprit le lendemain, quand Tattaque inopinée des Autrichiens eut montré le danger causé par l'extension excessive du front de marche, que le temps nécessaire au rassemblement de l'armée était trop considérable.

(( J'ai fait marcher un peu disséminé, écrivait-il au Ministre de la guerre, tant pour reconnaître l'Inn, si l'ennemi le repassait, que pour m'assurer du point de son rassemblement; bien décidé, lorsque je le connaîtrais, à me réunir également et à l'aborder^)).

La dissémination des forces n'était nullement nécessaire pour obtenir ces deux résultats, et Napoléon a fait à Moreau, à ce sujet, des critiques très justifiées : « La marche du général Moreau sur l'Inn est défectueuse; il ne devait pas aborder cette rivière sur six points et sur une ligne de quinze à vingt lieues^ ». D'ailleurs, Moreau était-il bien sûr de pouvoir se rassembler où et quand il le voudrait? Il lui eût fallu, à cet effet, un organe qui lui manquait : une avant-garde générale qui lui eût procuré le temps et l'espace nécessaires. Le corps de Grenier en remplit le rôle, il est vrai, inconsciemment et par hasard. Il s'en acquitta d'ailleurs fort bien : cédant le terrain pied à pied, sans se laisser aborder ; ripostant par des contreattaques quand il était serré de trop près ; obligeant l'armée adverse à se déployer et à marcher lentement, à dévoiler ses forces et ses intentions. Néanmoins la dissémination de l'armée du Rhin était si grande qu'elle ne put effectuer sa concentration que par des mouvements en arrière.

En réalité, il y eut à Ampfing une véritable surprise stratégique consistant en ce fait brutal que l'ennemi était apparu tout à coup en forces considérables, à l'aile gauche française,

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