‹ HohenlindenChapitre 139 sur 344 · Mémoires de Napoléon (Gourgaud), t. IJ, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Napoléon (Gourgaud), t. IJ, p

sans qu'on le sût si rapproché et sans qu'on pût se rassembler le jour même ni le lendemain, pour lui livrer bataille. C'est ce que Napoléon a exprimé en ces termes : « L'alarme fut grande dans l'armée française; le général en chef fut déconcerté. Il était pris en flagrant délit; l'ennemi attaquait, avec une forte masse, ses divisions séparées et éparpillées * ». Cette situation critique était due à l'absence d'un service de sûreté. Napoléon s'est expliqué, à Sainte-Hélène, sur la façon dont eût dû s'opérer le mouvement de l'armée française de l'Isar sur rinn : « Lorsque l'armée qui vous est opposée est couverte par un fleuve sur lequel elle a plusieurs têtes de pont, il ne faut pas l'aborder de front. Cette disposition dissémine votre armée et vous expose à être coupé. Il faut s'approcher de la rivière que vous voulez passer par des colonnes en échelons, de sorte qu'il n'y ait qu'une seule colonne, la plus avancée, que l'ennemi puisse attaquer sans prêter lui-même le flanc. Pendant ce temps, vos troupes légères borderont la rive; et lorsque vous serez fixé sur le point où vous voulez passer — point qui doit toujours être éloigné de l'échelon de tête, pour mieux tromper votre ennemi — vous vous y porterez rapidement et jetterez votre pont. L'observation de ce principe était très importante sur l'Inn, le général français ayant fait de Munich son point de pivot. Or il n'y a de Munich à l'endroit le plus près de cette rivière que 10 lieues; elle court obliquement, en s' éloignant toujours davantage de cette capitale, de sorte que lorsque l'on veut jeter un pont plus bas, on prête le flanc à l'ennemi... Avec une armée qui eût été même supérieure en nombre, les dispositions prises eussent été dangereuses. C'est de Landshut qu'il faut partir pour marcher sur l'Inn-^ )).

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