Decaen, Mémoires inédits
donc le chemin, se forma par sections et ensuite par pelotons, et continua d'avancer, suivie de la brigade Durutte, dans la même formation. Afin de débarrasser le chemin, les voitures de la division Richepance reçurent Tordre de parquer et de se diriger sur Ebersberg quand toute la colonne aurait défilé.
Peu de temps après, Decaen arriva sur le plateau au nord de Ghristoph, où les généraux Sahuc et Drouet le mirent au courant de la situation. Il était environ 11 heures*.
« La neige qui tombait, écrit Decaen, m'empêchait de voir ce qui se passait et de juger la localité ; je ne pouvais me régler que d'après le feu que j'entendais et sur les renseignements qu'on pouvait me donner. Entendant aussi la fusillade il ma droite, je demandai ce que c'était. Quelqu'un ayant dit : (( Oh ! c'est l'ennemi qui nous tourne )), je repartis de suite : <( Eh bien ! s'il nous tourne, nous le tournerons à notre tour ^ ».
A ce moment arriva le chef de bataillon Delelée, aide de camp de Moreau, envoyé de Hohenlinden pour avoir des nouvelles. Decaen le chargea de dire au général en chef qu'en arrivant sur le plateau de Ghristoph, il avait « trouvé les choses un peu embrouillées », mais que Moreau ne devait pas avoir d'inquiétude ; il espérait que « bientôt tout irait au mieux ^ ».
Déjd le chef de brigade Lafïon, « avec toute la vigueur qu'exigeait une telle circonstance », avait pris ses dispositions pour attaquer les Autrichiens^. Il engagea le 3« bataillon de la 14® légère et un escadron de son régiment commandé par <( l'intrépide Montalon ». Celui-ci, ayant eu son cheval tué, se mita pied à la tête d'une fraction d'infanterie et chargea plusieurs fois avec elle. L'ennemi plia tout d'abord, puis regagna
^. Bulletin hislori(|ue de la division Decaen, du 22 brumaire au 3 nivôse. — Ce bulletin indique iO h. 30, mais il était vraisemblablement plus tard.