CHAPITRE XIV
Le jugement de Napoléon.
Première opinion de Bonaparte sur la bataille de Hohenlinden. — Jugement opposé émis à Sainte-Hélène. — Moreau a réellement combiné la manœuvre des divisions Richepance et Decaen. — Les Autrichiens se sont fixés d'eux-mêmes. — II eut été préférable d'appeler Decaen à Hohenlinden. — Critiques fondées de Napoléon sur la dispersion des. troupes de Moreau. — Indulgence de Napoléon pour l'archiduc Jean. — Napoléon a ignoré que l'archiduc ne s'attendait pas à une bataille. — Reproches de l'archiduc Jean à ses subordonnés. — Appréciations de Zweibrùcken et de l'archiduc Charles.
Le 15 nivôse an IX, le Premier Consul écrivait à Moreau : « Je ne vous dis pas tout l'intérêt que j'ai pris à vos belles et savantes manœuvres; vous vous êtes encore surpassé cette campagne. Ces malheureux Autrichiens sont bien obstinés ; ils comptaient sur les glaces et les neiges; ils ne vous connaissent pas encore assez* ».
D'autre part, à son retour de la campagne d'Allemagne, Decaen apprit que « d'après certains propos » répandus vraisemblablement par les ennemis de Moreau ou par des envieux, « on devait plus au hasard qu'aux combinaisons la grande victoire de Hohenlinden ^ o. Ayant été présenté à Bonaparte par Dessolle, Decaen profita d'une question que lui adressa le Consul pour lui faire un récit détaillé de la bataille et lui exposa d'une manière probante que le succès a était dû aux talents militaires et à la sagacité du général Moreau, ainsi qu'aux dispositions qu'il avait ordonnées et [qui furent] exécutées par son armée avec la plus grande précision de la part de ses généraux 3... ». Le Premier Consul répondit à Decaen