Decaen, Mémoires inédits
de déboucher par Ghristoph sur le flanc gauche de la colonne autrichienne engagée sur la chaussée de Haag à Hohenllnden ^. Enfin, un an après la publication des Mémoires de Napoléon, et pour rectifier les assertions de FEmpereur, les fils de Richepance firent insérer dans le Moniteur quelques extraits des Notes de leur père. (( Les ordres que j'avais reçus du général en chef, écrivait Richepance, étaient tels que je devais chercher à me porter sur la route de Haag à Hohenlinden et y attaquer l'ennemi en débouchant par où cela me paraîtrait le plus convenable- ». Rien d3 plus logique : Moreau ne pouvait évidemment prévoir les détails de l'exécution, et c'est avec raison qu'il en a laissé le soin à finitiative de ses subordonnés au lieu de la paralyser par des prescriptions étroites.
Tout semble donc rendre légitime cette affirmation : Moreau a prémédité la manœuvre des divisions Richepance et Decaen; il leur a donné fordrj de se diriger de Ghristoph par Maitenbeth, afin de « tourner » les Autrichiens engagés dans la foret de Haag, sur la grande route de Hohenlinden, et de les attaquer sur leur flanc gauche. Sans doute, il ne lui était pas permis d'espérer de cette opération un succès aussi complet, aussi décisif, et c'est en cela que l'on peut dire que les circonstances et surtout les talents de ses divisionnaires ont bien servi ses excellentes combinaisons.
Peut-être pourrait -on reprocher à Moreau d'avoir manœuvré l'ennemi avant de l'avoir fixé. Mais on observera que les Autrichiens avaient pris Fofïensive; tout semblait indiquer qu'ils persévéreraient dans cette attitude après leur succès d'Ampfing^; ils étaient au contact dans la soirée du 11 frimaire, surtout à l'est di Hohenlinden; d'ailleurs, il était