‹ HohenlindenChapitre 208 sur 344 · Lahorie à Richepance, Haag, 10 frimaire · texte numérisé non relu

Lahorie à Richepance, Haag, 10 frimaire

4. Dispositions militaires de l'aile gauche (ordres donnés par Grenier)

Enfin Moreau ne se décida à faire suivre Richepance par Decaen que lorsque celui-ci eût montré l'impossibilité d'arriver à Hohenlinden avant 2 heures de l'après-midi*. Moreau avait donc pris ses mesures au mieux des circonstances, de façon que ses six divisions combattissent, sinon conjointement, au moins simultanément. Toutefois, il semble qu'il eût été préférable, malgré tout, d'appeler Decaen à Hohenlinden, même en admettant son arrivée un peu tardive. Le mouvement eût été certainement plus conforme aux règles de la logique, car Decaen risquait d'avoir à livrer un combat tout à fait isolé et indépendant, dans ses résultats, de l'action décisive qui aurait lieu à Hohenlinden. Richepance aurait exécuté seul le mouvement tournant. Ce fut la première idée de Moreau ; on peut regretter qu'il ne s'y soit pas tenu. C'était en effet « beaucoup hasarder » que de détacher à la fois Richepance et Decaen. Mais, à titre de circonstance atténuante, il faut observer qu'à la guerre l'audace n'est pas une quantité absolue et invariable : elle est fonction de la valeur matérielle et morale de l'adversaire, des succès ou des revers antérieurs, de la solidité et de la cohésion des troupes dont on dispose. Napoléon a regretté, dit-on, de n'avoir pas eu à Wagram les vieux soldats d'Austerlitz, qui lui eussent permis d'entreprendre une manœuvre plus audacieuse. De même, Moltke joua, contre les levées improvisées de la Défense nationale, un jeu moins serré que contre les armées impériales. Une des qualités du chef est précisément de se rendre compte, dans chaque cas, de ce qu'il peut oser. H convient, avec Napoléon, d'adresser à Moreau une critique fondée : « Pendant que le sort de la campagne se décidait aux champs d'Ampfing et de Hohenlinden, les trois divisionsde Sainte-Suzanne et les trois divisions de Lecourbe, c'est-àdire la moitié de l'armée, n'étaient pas sur le champ de bataille.

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