Deux seulement
A quoi bon avoir des troupes lorsqu'on n'a pas l'art de s'en servir dans les occasions importantes * ? » Ces divisions manquèrent k la bataille en raison du dispositif très dispersé adopté par l'armée du Rhin.pour marcher sur l'Inn. Moreau avait commis la faute de ne pas se ménager les moyens de concentrer ses forces en temps utile : lui-même l'a reconnu-. Un éminent critique a porté sur la journée de Hohenlinden un jugement qui semble exact : a Ainsi se termina cette bataille qui, après celle de Rivoli, est incontestablement la plus extraordinaire de celles qui furent livrées dans les deux premières guerres de la Révolution... Moreau réussit parce que l'emploi de ses masses fut sagement calculé et que la fortune le servit à souhait. On a beaucoup exagéré la part que le hasard eut aux succès de Bonaparte ; mais, si Ton en excepte la journée de Marengo, il ne fut jamais mieux servi par le destin que Moreau à Hohenlinden. On eût dit que tout ce qui se passait dans l'armée ennemie fût combiné pour lui assurer une victoire éclatante. La direction des colonnes impériales ; le changement inopiné de leur plan d'opérations; le défaut de réflexion de Lauer et de Weyrother, qui oublièrent que le centre, ayant une superbe route, déboucherait bien avant le reste de l'armée, furent autant de causes de ce succès; et Moreau, qui ignorait ces circonstances, ne put rien prévoir dans ses calculs pour en profiter. Si ce centre avait marché moins vite, ou si Riesch, avec l'aile gauche, était arrivé, selon la disposition autrichienne, une demi-heure plus tôt à Christoph, Richepance eût donné sur sa colonne, et la déroute dans le défilé de Maitenbeth n'aurait point eu lieu. Peut-être les Autrichiens n'en eussent-ils pas moins été vaincusj mais la bataille, livrée en ordre parallèle, n'aurait