Correspondance de Napoléon, n
LE PLAN d'ensemble DE BONAPARTE 19
qu'elle détachait dans le Tyrol et en mettant le général Brune « à même d'augmenter son armée du détachement qu'il tenait danslaValteline * )).
Une fois Brune maître de la vallée de l'Adige, Moreau arrivé sur TEnns et Macdonald leur servant de liaison vers Trente et leBrenner, Bonaparte pouvait songer à une marche concentrique des armées du Rhin et d'Italie sur Vienne, celle des Grisons les reliant par la vallée de la Drave 2.
Tout d'abord c'était à l'armée du Rhin que devait incomber, dans l'esprit du Premier Consul, le rôle décisif^. Puis, en raison des efforts considérables faits par l'Autriche pour défendre sa frontière de Bavière, Bonaparte en vint à douter que Moreau pût obtenir d'autre résultat que de paralyser les forces qui lui étaient opposées sur l'Inn^. Le Premier Consul aurait pu, il est vrai, le renforcer au moyen de l'armée gallo-batave, de la Garde consulaire et des grenadiers de Murât, prendre le commandement en chef de toutes les forces ainsi réunies et porter son effort principal en Bavière et surl'Inn. Peut-être les démêlés qu'il avait eus avec Moreau au début de Tannée l'empêchèrent-ils d'adopter cette solution, dont l'avantage était de le conduire à Vienne par le chemin le plus court et le moins semé d'obstacles naturels. Peut-être le souvenir de la campagne de 1796 l'engagea-t-il à renouveler ces brillantes opérations. Quoi qu'il en soit, il résolut de diriger la Garde et les