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Rapport de Dessolle du 12 au 18 frimaire

PRÉPARATIFS DL' PASSAGE DE l'iNN 257

par les têtes de ponts de Mûhldorf, Kraiburg et Wasserburg, cette rivière constituait un obstacle des plus sérieux. Le pont de Rosenheim, le seul qui ne fût pas couvert par des retranchements, était d'ailleurs rompu et garni de matières combustibles.

Il s'agissait évidemment de chercher à franchir Tlnn au point le plus rapproché de Salzburg, c'est-à-dire aux environs de Rosenheim. Lecourbe reçut Tordre de s'y porter et de chercher, entre cette ville et Kufstein, l'endroit le plus facile et le plus avantageux pour forcer le passage. L'équipage de ponts et deux compagnies de pontonniers, qui se trouvaient à Munich, furent mis à sa disposition *. Le gros de l'armée devait marcher à la fois sur Wasserburg, sur Kraiburg et sur Mûhldorf, afin de « porter toute l'attention de l'ennemi vers le bas Inn^ )) et de faciliter ainsi l'opération de Lecourbe. Dès que celle-ci aurait réussi, une partie et peut-être même tout le corps du centre se déroberait par une marche du nord au sud, et suivrait les traces de Lecourbe^.

A ces démonstrations vers l'Inn inférieur, Moreau ajouta une feinte. Ordre fut donné au général Lariboisière, directeur général des parcs, d'envoyer de Munich sur Erding six bateaux jugés hors de service, ainsi que «d'autres voitures chargées d e poutrelles, de madriers, de planches et de tout ce qui occasionnera un grand appareil d'équipage de ponts ». Les

1. Moreau à Lecourbe, Anzing, 12 frimaire, et Haag, 13 frimaire; le générai Éblé au citoyen Lariboisière, directeur général des parcs, 13 frimaire. — L'équipage comprenait : « Vingt-quatre pontons, deux baquets de rechange, plusieurs chariots à munitions chargés d*agrès, une forge, douze bateaux, deux nacelles et un nombre de voitures assez considérable chargées, de poutrelles, madriers, chevalets, etc. » (Éblé au général Lemaire, commandant l'artillerie d© l'aile droite, Anzing, 13 frimaire).

Une nouvelle compagnie de pontonniers, qui se trouvait encore à Lindau, fut appelée à l'armée où elle devait se rendre en voiture et en marchant « jour et nuit jusqu'à son arrivée à destination )) (Éblé au citoyen Chapelle, chef de bataillon de pontonniers à Lindau, Anzing, 12 frimaire).

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