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Jomini, loo. cit.^ t. XIV, p

COMBAT KE KREMSMÛNSTER 353

gagné jusqu'aux officiers. Uarchiduc Charles, disaient-ils, « n'est qu'une victime de plus qu'on envoie à sa perte : si, loin de sauver l'armée et de la ramener à la victoire, ce prince continue une retraite ruineuse, et ne donne aucune espérance de retour de fortune, de qui pourrait-on désormais attendre des succès ? » Ces arguments parurent sans réplique, et au faible espoir que Ton avait conçu succéda bientôt la consternation 1.

Moreau était parfaitement renseigné sur l'état moral et matériel de l'armée autrichienne, à la fois par la faible résistance des arrière-gardes, par la capture facile de prisonniers, de bouches à feu et de voitures, enfin par les informations des émissaires et les interrogatoires des déserteurs-. Ses ordres, pour la journée du 29 frimaire, étaient de franchir la Traùn et de poursuivre l'ennemi sans désemparer, afin de ne pas lui laisser le temps de se reconnaître.

Au lever du jour, Lecourbe mit ses trois brigades en marche de Kirchham sur Kremsmûnster. Dans son impatience de joindre les Autrichiens, il prit les devants avec les 7® et 9^ hussards, culbuta tous les postes d'infanterie et de cavalerie qu'ils avaient placés depuis Vorchdorf jusqu'aux abords de Ried, et fit prisonniers 200 cuirassiers et dragons. A Ried, il se heurta à une colonne d'infanterie et de cavalerie qui semblait vouloir prendre position en ce point. N'ayant sous la main que quelques escadrons, Lecourbe ne put « rien entreprendre » : après deux heures d'escarmouches, cette colonne se replia sur Kremsmûnster^. A ce moment apparurent les premiers éléments d'infanterie de la division Montrichard. Lecourbe fit aussitôt charger la queue de colonne et renouveler ces attaques à plusieurs reprises en

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