Bulletin historique de rarmée
Ybbs, Neumarkt, Blindenmarkt , Karlsbach. La division Legrand s'établit à Blindenmarkt et à l'ouest, dans la vallée de TYbbs; la division Bonnet, à Zeillern et environs. La division de cavalerie d'Hautpoul cantonna à Strengberg et dans les localités voisines. Le quartier général de Grenier fut transféré de Enns k Amstetten ^ Le même jour, la division dite des flanqueurs de gauche, aux ordres du général Souham, après avoir laissé un détachement en observation à Kelheim, se porta sur Ratisbonne, dont la garnison, composée de troupes autrichiennes et bavaro-palatines, se retira sur la rive gauche du Danube dans la nuit du 4 au 5 nivôse-.
Moreau était à moins de 20 lieues de Vienne, et l'armée autrichienne, si elle avait pu échapper à ses coups, était incapable d'une résistance sérieuse. Suivant l'expression même de l'archiduc Charles, les restes ressemblaient plus « à une horde sans liens organiques qu'à une troupe ordonnée et disciplinée^ )). Le 24 décembre, l'archiduc Charles reçut de l'Empereur l'ordre de conclure un armistice et d'annoncer que le gouvernement impérial était décidé à « terminer la guerre par une paix séparée^ )). Cobenzl fut muni, en effet, de tous les pouvoirs nécessaires pour traiter à Lunéville, indépendamment de l'Angleterre. A ce propos, Thugut écrivait à Colloredo : a J'ai tracé en tremblant le malheureux projet d'instructions que j'ai l'honneur de transmettre ci-joint à V. E., et que je regarde comme l'épitaphe de la monarchie et de la gloire de l'Autriche^ )).
1. Dispositions militaires de l'aile gauche; Grenier à Moreau, Amstetten, 4 nivôse.
3. L'archiduc Charles à Bellegarde, Vienne, 30 décembre (Hûffer, /oc. cit., t. IF, p. 514).
4. L'archiduc Charles à Moreau, Erlaf, 24 décembre [Ibid., p. î506).
b. Thugut à Colloredo, 23 décembre (Vivenot, ioc. af., t. II, p. 349 et 473); l'Empereur à l'archiduc Charles, Vienne, 24 décembre [K. K. Archiv, XII, 577 (Hûffer, loo. cit., t. II, p. 505-506)].
L'archiduc envoya aussitôt le général Grunne et le colonel Weyrother à Moreau K
i( Si Moreau refuse, écrivait-il, nous sommes perdus; car imaginez-vous que la grande armée, qui était de 60.000 hommes à l'ouverture de la campagne, est aujourd'hui : cinquante bataillons, dix-sept compagnies (22.856 hommes); cent-trois escadrons (6.325 hommes)... Moreau a contre nous neuf divisions... La division Molitor observe le Tyrol... Voilà l'état dans lequel nous nous trouvons. Quel remède, hors la paix 2? »
Moreau chargea Lahorie de se mettre en rapport, k Steyer, avec les plénipotentiaires autrichiens et de mener les négociations avec activité •^. Constatant que l'Empereur était décidé à traiter, quelles que fussent les déterminations de ses alliés ; jugeant d'ailleurs que s'arrêter au milieu des succès les plus brillants était « conforme au caractère de modération par lequel le Premier Consul s'était fait connaître à toute l'Europe* )); désireux enfin de procurer à la nation la paix qu'elle souhaitait ardemment, Moreau consentit à signer dès le 4 nivôse (25 décembre) une suspension d'armes à Steyer. « Il était temps, écrivait Condé; Moreau eût été à Vienne avec son armée sous huit jours ^ 0.
La poursuite de l'armée autrichienne avait été menée avec une énergie extraordinaire. « Ainsi, dit Jomini, l'armée républicaine, après avoir fait 90 lieues en quinze jours, franchi trois rivières considérables, pris 20.000 hommes à l'ennemi, mis autant hors de combat et enlevé 150 pièces de canon.
1. L'Empereur avait interdit d'employer Merveldt à ces négociations.
2. L'arcliiduc Cliarles au duc Albert de Saxe-Tesclien, Loosdorf, 25 décembre [E. A. A., autographe (Ilùffer, loc. cit., t. II, p. 507)].