Hûffer, loc. cit., t. II, p
puis pourtant me tromper. Notre plan d'opérations contre les Français, s'il devait aboutir à un échec, me semble très téméraire; il peut donner des résultats aussi bien heureux que mauvais : on mettra, je Tespère, tout le dévouement possible pour éviter les conséquences fâcheuses ; du moins, j'insiste sur ce point.
)) J'ai vu aujourd'hui une partie de l'armée ; elle a assez bon aspect, mais les hommes de l'infanterie paraissent jeunes, et il semble y avoir beaucoup de recrues. La cavalerie, que j'ai inspectée, se présente bien. Mais, comme nous avons en avant de nous beaucoup de forêts et un mauvais terrain, nous ne pourrons guère, comme je le craignais, utiliser notre cavalerie. Si la guerre doit recommencer, c'est un jeu de hasard si dangereux que je souhaite, du fond du cœur, que l'on réussisse à éviter la rupture... * ».
A la suite de la signature delà convention de Hohenlinden, le comte Louis de Cobenzl, qui, trois ans auparavant, avait été un des négociateurs du traité de Campo-Formio, fut envoyé comme commissaire autrichien ^ à Lunéville, où s'étaient ouverts des pourparlers en vue de la paix. A ce moment critique, où l'on était menacé sans cesse de voir reprendre les hostihtés, grâce à l'influence de M. de Gobenzl, on songea de nouveau à rappeler l'archiduc Charles^. Celui-ci était alors occupé à l'organisation des troupes en Bohême et en Moravie^. Colloredo, qui avait été autrefois chargé de diriger l'éducation de ce prince, fut envoyé à Prague par l'Empereur pour demander à l'archiduc si sa santé lui permettait de commander
1. L'Empereur à Colloredo, Alt-Oelling, 10 septembre 1800 (Vivenot, loc. cit., t. n, p. 272 et suiv. ).
2. Nommé le 5 octobre Ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier d'Etat en remplacement de Lehrbach ; il s'était pourtant décidé à accepter les fonctions de commissaire autrichien à Lunéville.