Hûffer, loc. cit., t. II, p
4. L'archiduc Charles au duc Albert de Saxe-Teschen, Prague, 11 octobre 1800 {Ibid., p. 405 et suiv.).
l'armée autrichienne a la reprise des hostilités 49
l'armée, et, en cas de réponse favorable, pour lui offrir le commandement en chef de Farmée d'Allemagne*. Golloredo était chargé de dire que, malgré tous les efforts et les sacrifices faits par l'Empereur en vue de la paix, on serait incessamment obligé de reprendre les hostilités et qu'il ne resterait plus qu'à se défendre, comme on pourrait, pour sauver la monarchie avec les dernières ressources disponibles.
Informé de l'état présent des forces autrichiennes ainsi que des positions qu'elles occupaient, l'archiduc Charles devait faire connaître si, avec ces forces qu'il était dorénavant impossible d'augmenter, il comptait pouvoir tenir en échec l'armée française et, pendant le reste de la campagne, l'empêcher de pénétrer dans les pays héréditaires, faute de pouvoir la rejeter plus près des frontières de la France. On espérait ainsi obtenir une réponse catégorique qui permettrait plus tard de s'opposer à toute nouvelle demande d'augmentation de forces, devenue d'ailleurs irréalisable-.
L'archiduc Charles, dans l'impossibilité où il se trouvait d'accepter des propositions ainsi faites, refusa, invoquant comme prétexte sa santé chancelante^. « Je vous avouerai, écrit-il, le 11 octobre, au duc Albert de Saxe-Teschen, que, si jamais cela pouvait me faire de la peine, cela n'a jamais été au point comme cette fois où je sens la situation critique où l'on est, et, par conséquent, combien il est du devoir de tous les citoyens de faire leurs derniers efforts pour contribuer à l'en tirer. Quel sacrifice pour moi ! Mais quand on ne se sent pas les forces de remplir comme il faut, dans toute l'étendue du terme, une place, il ne faut pas l'accepter, et je me console d'avoir
1. Hûfïer, loc. cit., t. II, p. 386. — V. aussi Hûffer, p. 558.
2. Précis des instructions relatives à son voyage à Prague, confiées par Golloredo à M. de Cobenzl, 5 octobre (Vivenot, loc. cit., t. II, p. 295 et suiv.).
3. Aussi bien dans sa réponse en date du 12 octobre que dans sa lettre au duc Albert, le 11 octobre, l'archiduc Charles appuyait son refus sur l'état précaire de sa santé (Hûfïer, lo:;. cit., t. II, p. 558).
agi, aussi cette fois, comme un honnête homme doit agir* (sic) ».
A la suite de ce refus, l'Empereur lit proposer à son frère de raccompagner à l'armée, où, tout en pranant les ménagements nécessités par sa santé précaire, il pourrait tout au moins Faiderde ses conseils. Bien qu'il n'eût qu'une médiocre confiance dans les projets de l'Empereur, l'archiduc Charles fit connaître qu'il était disposé à accepter ces propositions, si son état de santé s'améliorait -.
L'armistice fut dénoncé vers le milieu de novembre, et l'archiduc Jean resta chargé de la lourde mission de sauver l'empire. L'archiduc Charles envisageait avec quelque inquiétude les graves responsabilités que son jeune frère allait avoir à supporter. Au début de novembre, il s'exprimait ainsi à ce sujet: ((L'archiduc Jean est malheureux de n'avoir personne autour de lui en qui il ait confiance et qui puisse lui donner de bons conseils. Si on ^vait suivi mon désir et le sien, et qu'il eût pu m' accompagner pendant que je commandais l'armée, j'ose me flatter qu'il n'en serait pas ainsi, et qu'aussi, comme soldat, il pourrait servir beaucoup mieux S. M. qu'il ne le peut actuellement. Comme il a beaucoup d'amitié pour moi, je lui ai écrit mon opinion sur bien des choses avec ma franchise ordinaire. Ce serait dommage s'il se gâtait, car il a de quoi devenir un excellent sujet, s'il est bien dirigé ^ o.
A la suite de la dénonciation de l'armistice, l'Empereur, inquiet, fit renouveler à l'archiduc Charles la proposition de l'accompagner sur le théâtre des opérations ^. Celui-ci répondit qu'il était prêt à rejoindre l'armée (( aussitôt qu'on
1. L'archiduc Charles au duc Albert, Prague, Il octobre (autographe) (Iliitîer, loc. cit., t. If, p. 405).
2. Eût\ev,loc.cit., t. H, p. 558 (Zusâtze und Verbesseruagen).