‹ HohenlindenChapitre 81 sur 344 · Rapport et notes politiques, 22 fructidor · texte numérisé non relu

Rapport et notes politiques, 22 fructidor

tir dans les divers États de rAllemagne. « Tous les hommes instruits considéraient qu'un changement indispensable devait nécessairement s'opérer, parce qu'ils jugeaient, par l'opinion qui régnait alors, que les esprits y étaient fort bien disposés et qu'ils étaient même excités par tout ce qu'on avait souffert depuis plusieurs années, pendant lesquelles la plus grande partie de l'Allemagne avait été le théâtre d'une guerre dont les peuples de cet empire étaient de toutes manières les victimes^».

Dès la fm d'octobre, l'opinion générale était que l'on n'aboutirait pas à la paix, malgré les négociations entamées à Lunéville; à la cour de Vienne, on avait cependant confiance. Des lettres venues de Prague, de Vienne, de Passau, signalaient que' jamais, depuis neuf ans de guerre, les armements n'avaient été aussi considérables ni la puissance militaire de l'Autriche plus formidable. Les habitants ainsi que l'armée souhaitaient ardemment la paix. En Hongrie, en Bohême, le peuple ne prenait les armes que par force ; en Hongrie même^ les hommes de la nouvelle levée étaient bien décidés à refuser de combattre ailleurs que dans leur propre pays ; en Moravie, dans le Tyrol, on était bien loin de l'enthousiasme qui s'était manifesté autrefois avant la signature des préliminaires de Leoben.

Jusque dans les provinces de Dalmatie et de Croatie, le mécontentement était général; la population était lasse d'avoir à fournir par force des hommes pour l'armée et d'être obligée

1. Deçà en, Mémoires inédits. — Les propositions ainsi faites ne furent pas acceptées par le général Decaen ; l'insuccès de leurs démarches fît beaucoup de peine aux chefs du mouvement, u qui croyaient bien sincèrement mettre à exécution, sous l'égide de l'armée française, tout ce qu'ils avaient prémédité. Cependant ils ne désespèrent pas que l'avenir pourrait être plus favorable à leur patrie et à leurs desseins » {Ibid.). — Voir, à ce sujet, Du Moulin Eckart, toc. cit.^ 1. 1, p. 399 et suiv.

de faire face à de continuelles réquisitions pour le transport des vivres à l'armée d'Italie *.

Le bruit d'une conscription générale courait en Bohême : aussi beaucoup de jeunes gens préféraient-ils s'engager dans les corps de nouvelle formation, où on leur assurait une bonne paye et la certitude d'être libérés aussitôt après la cessation des hostilités. A Vienne, de nombreux ouvriers cherchaient à quitter la ville; comme on les en empêchait, la plupart, dénués de ressources, étaient réduits à s'enrôler -.

Pourtant, malgré tous ces préparatifs de guerre, le cours du papier-monnaie, à Vienne, ne cessait de monter, et le nombre des billets de banque augmentait chez tous les banquiers^.

Quand la nouvelle commença à s'accréditer que les pourparlers engagés à Lunéville n'aboutiraient pas à la paix et que les hostilités ne tarderaient pas à recommencer, le cabinet de Vienne ne put cacher son inquiétude.

Jamais encore autant d'incertitude n'avait régné au Conseil aulique; les mesures les plus contradictoires furent successivement prises, et l'on fut obligé d'employer tous les moyens pour arriver à compléter l'armée *.

On avait persuadé aux populations des campagnes que les Français voulaient reprendre les hostilités afin d'achever de dévaster l'Allemagne; aussi les paysans étaient-ils furieux contre eux. Dans les villes, les habitants se montraient indifférents, déclarant qu'il leur était égal de nourrir des Français ou des Autrichiens. En Bavière, Topinion dominante était que l'Empereur ne voulait pas la paix, mais qu'il cherchait à

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