‹ HohenlindenChapitre 82 sur 344 · Rapport du 21 brumaire · texte numérisé non relu

Rapport du 21 brumaire

limites de leur territoire K Dans plusieurs villages, les hommes avaient refusé de se porter aux frontières, sous prétexte qu'à force de réquisitions, les Autrichiens leur avaient enlevé les moyens de nourrir leur famille. Dans deux endroits, les paysans exaspérés avaient assassiné le bourgmestre, venu . pour faire exécuter la loi, et déclaré qu'ils préféreraient avoir à nourrir les Français -.

Partout la misère était grande et l'argent manquait : on redoutait une prochaine banqueroute. Le prince-archevêque de Salzburg avait dû prêter 33.000 florins à l'Empereur; deux fois il avait dû faire les avances nécessaires pour payer deux mois d'arriéré de solde au régiment Benyowsky, qui menaçait de se mutiner. Bien qu'à la cour de Vienne on escomptât sérieusement l'intervent^'on armée delà Russie, l'opinion s'accréditait da plus en plus que l'Empereur signerait un nouvel armistice et céderait, au besoin, quelque nouvelle place forte ^. Cette manière de voir avait fini par être adoptée par la population aussi bien que par l'armée^; aussi la nouvelle de la rupture de l'armistice devait-elle produire une véritable stupeur.

« Les populations ne se lèvent plus comme avant Leoben..., mandaient des émissaires. Les Tyroliens ont envoyé des députés à Vienne pour la paix; ils n'ont pas, il est vrai, oublié que les Français ont brûlé quelques-uns de leurs villages en 1796; aussi sont-ils très résolus toujours à se défendre chez eux; pourtant, depuis qu'un de nos généraux a laissé passer un peu de blé dans leur pays désolé par la famine, ils commencent à reconnaître que les Français ne sont pas aussi méchants comme les Autrichiens cherchent à le leur persuader, et ils

Page 1