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LES PROJETS DE MOREAU

Carrion-Nisas sont en contradiction avec les documents contemporains des faits.

« Les projets du général en chef, écrivait Dessolle le 6 frimaire, sont de marcher avec son armée réunie sur Tlnn, de culbuter tout ce qui sera en avant de cette rivière et de chercher un point favorable au passage. Si l'ennemi a porté une partie de ses forces contre le général Augereau, et qu'en même temps il ait voulu manœuvrer sur notre flanc droit, notre supériorité de moyens assure notre passage, et l'ennemi se trouve séparé d'une de ses ailes. Si, au contraire, il nous attend en masse derrière l'Inn, il s'agit de manœuvrer pour lui dérober un mouvement de passage, et nos flancs restent sans inquiétude * ».

L'intention bien arrêtée de Moreau était donc de prendre l'offensive, de livrer bataille là où il rencontrerait l'ennemi et de chercher à forcer la ligne de l'Inn. L'épuisement du pays ne lui permettait guère « de manœuvrer longtemps sur le même terrain^ ». D'ailleurs le mauvais état des chemins, détrempés parla pluie, rendait les transports difficiles 3. Ayant fait de Munich ce que Napoléon appelle « son point de pivot ^ », précisément en face de Wasserburg, sommet de la courbe convexe vers l'ouest que décrit l'Inn, Moreau ne pouvait guère choisir un point de passage en aval de cette ville. Il se serait exposé, en abordant l'Inn vers Mûhldorf par exemple, à prêter le flanc à une contre-offensive ennemie débouchant par Wasserburg et Kraiburg. « Le général en chef me charge de vous dire, écrivait Dessolle à Lecourbe, que, selon toute apparence, le passage de l'Inn par l'armée devra s'effectuer entre Wasserburg et Kufstein, soit au-dessus, soit

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