‹ HohenlindenChapitre 93 sur 344 · Mémoires de Napoléon (Gourgaud), t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Napoléon (Gourgaud), t. II, p

3. Hùffer, los. cit., t. II, p. 387. — V. aussi Heilmann, loc. cit., p. 42.

Le mouvement offensif, prévu au mois de septembre par les routes de MûhldorMIaag et Wasserburg-Ebersberg sur Munich^ n'était plus dès le mois d'octobre aussi facilement réalisable qu'il eût pu l'être alors. Avant la signature de la convention de Hohenlinden, un ordre formel, venu de Vienne, avait prescrit de renforcer le corps du Tyrol et imposé au centre autrichien la nécessité, pour se porter en avant, de se tenir en liaison très étroite avec les troupes qui occupaient cette région. Ces dispositions étaient alors mieux justifiées : en effet, la grande armée autrichienne se trouvait diminuée, à cette époque, d'environ 15.000 hommes, par suite des renforts expédiés vers le Tyrol et aussi du corps d'observation laissé sur le cours inférieur de l'Inn. De leur côté, les troupes françaises étaient toutes concentrées sur la rive droite de Tlsar, entre les montagnes du Tyrol et Munich *.

Mais, au moment où les hostilités allaient reprendre, les. circonstances avaient changé. L'ensemble des forces autrichiennes se développait, sur un front de 150 lieues, depuis la haute vallée del'Adige jusqu'à Eger, en Bohême. Pour faciliter la subsistance des troupes, des mouvements de dislocation avaient été prévus. Vers le milieu d'octobre, ces mouvements étaient loin d'être terminés, retardés par le mauvais tempssurvenu brusquement et par le mauvais état des chemins ; une partie même des anciennes garnisons des places forteslivrées à la France n'avaient pas rejoint leurs quartiers d'hiver. Si l'on eût prescrit à ces troupes une concentration à travers la Bavière, à l'est de Mûhldorf et de Wasserburg, à un moment où la mauvaise saison, s'avançant de plus en plus, rendait les routes presque absolument impraticables,, on leur eût imposé des fatigues bien plus considérables que

1. L'archiduc Jean à rempereur François, Wels, 14 octobre 1800(K. K. Archiv,. X, ad 36 -a) (Hûfïer, /oc. ci(., t. II, p. 407 et suiv.). .

PLAN d'opérations DE l'aRMÉE AUTRICHIENNE 99

celles subies par les corps restés dans leurs cantonnements pendant toute la durée de ces allées et venues. On ignorait, d'autre part, à cette date, quelles étaient exactement les positions de l'armée ennemie, et l'on pouvait craindre qu'une concentration opérée dans ces conditions ne fût pour les Français un indice certain des intentions futures des Autrichiens et ne leur permît de prendre leurs dispositions en conséquence. Enfin, le rassemblement était rendu d'autant plus difficile par le fait qu'en raison de leur éloignement, certains régiments avaient besoin de quinze jours de route pour arriver sur leurs emplacements, et que, si qualque retard se produisait dans la transmission des ordres de mouvement, ils ne disposeraient plus guère que de dix jours *.

Concentrer les forces principales de l'armée autrichienne entre la rive droite du Danube et la rive gauche de l'Inn, dans la zone Braunau-Passau-Deggendorf, paraissait à l'archiduc Jean une solution susceptible de donner des résultats bien meilleurs et surtout plus rapides. « Huit jours après la réception de l'ordre de mouvement, écrivait-il à l'Empereur, cette réunion peut être entièrement effectuée; par suite, toutes les troupes actuellement en avant resteront sur place ; seules, celles stationnées en arrière auront à se porter en avant. Ainsi, la plus grande partie des mouvements exécutés sur le territoire de l'Empire échapperont plus sûrement à l'ennemi, et, même s'il vient à les connaître, la possibilité nous restera d'occuper ultérieurement une position défensive en arrière de rinn2)).

L'archiduc Jean présumait que les Français se maintiendraient à proximité de la Suisse et masseraient leurs forces entre le Danube et les montagnes. Il considérait qu'en se

1. L'archiduc Jean à l'empereur François, Wels, 14 octobre 1800 (K. K. Archiv, X, ad 36 a).

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