SouTenir de Naevius
2. Sukkerlade , au lieu du mot allepiand Chocolade. Sukker veut dire sucre y et Lade^ boutique. Le sens que je donne est celui d'une traduction du dix-huitième siècle, car ni M. Prutz ni OhlenscMaeger lui-même n*ont traduit cette pièce.
3. Il y a dans le texte Toare-Perserif mot à mot le Pressoir des larmes. Cest un recueil de chants d'église fait par un aumônier de la flotte et publié en 1684.
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querelleuse et de force égale, gouverneraient tour à tour, car il serait tout aussi mal aisé de trouver un fond de raison dans un pareil ménage, que j*ai de peine à en découvrir dans l'esprit de notre maîtresse. Il me semble que la véritable cause de tout ceci est assez bien trouvée pour quelqu'un qui n'a pas fait ses études, comme moi ; car, pour ce qui est du beau et du mauvais temps, cela n'en peut provenir, puisque je l'ai souvent vue pleurer les jours de soleil, et danser les jours de pluie. Mais, tiens, voici maître Petronius. Il faut que je cause un peu avec lui. C'est un savant, qui pourra me dirp la cause d'où tout cela provient. (Petronius paraît sv/r la ^cène.)
Petronius. Holà, HenrichI pour qui ce petit pain?
Henrich. Je n'en sais, ma foi, rien.
Petronius. Quelle sottise ! Qui te l'a envoyé chercher?
Henrich. C'est l'âme écanome de madame, qui avait pris le dessus sur toutes ses autres âmes, lorsque je suis sorti.
Petronius. Quel diantre de galimatias est-ce là, Henrich? Il faut que tu n'aies pas dormi cette nuit tout ton saoul. Gomment se porte donc ta maîtresse?
Henrich. Le diable m'emporte, si j'en sais quelque chose I
Petronius. Je crois que ce garçon est fou. Ne peux-tu donc pas répondre à la question qae je t'adresse, et qui est celle-ci : comment se porte ta maîtresse?
Henrich. Pourrais-je vous demander d'abord, monsieur, si nous aurons beau temps demain?
Petronius. C'est ce que ni moi ni personne ne saurait dire avec certitude, Henrich. Maintenant il fait mauvais, mais il y a cependant apparence qu'il fera beau demain. Du reste, il ne faut jamais compter sur rien moins que sur le vent et le
Henrich. Je crois pourtant que l'humeur de madame est quelque chose sur quoi il y a encore moins à compter. Il est bien vrai que le temps ne met guère de raison dans ses changements, surtout pendant le mois d'avril. Mais dans Tâme de ma maîtresse, il pleut et il fait du soleil seize fois par jour, même pendant le mois de juillet. Conmient est-ce qu'on peut appeler cela en danois?
Petronius. Ces gens-là, en bon vieux danois, s'appellent des girouettes.
Henrich. Mais d'où cela peut-il provenir? Est-ce que ces personnes-là n'auraient pas plus d'une âme ?
Petronius. Eh, non, Henrich, Gela provient du sang : Ex circulatione sanguinù majori vel minoriy vitium iUud est in sanguine^ non in anima. Exempli gratid^ si.... M'entends-tu bien?
Henrich. Erbe mirbe sirbe sarbe larbe skaarbe maarbe kaarbe .... M'entendez-vous bien ?
Petronius. Non, je n'entends point ce baragouin-là.
Henrich. Je n'entends pas davantage votre latin d'église. Vous autres savants, vous êtes tous, sauf votre respect, à peu près comme si vous aviez le cerveau fêlé. H est parbleu! facile de comprendre qu'il ne faut point parler latin avec moi. Ditesmoi donc un peu en bon danois d'où cela peut provenir?
Petronius. H peut y avoir dans le corps de l'homme une foule de mauvaises humeurs bilieuses, qui tantôt régnent dans une partie du corps, tantôt dans une autre, et c'est ce qui fait que notre caractère est sujet à changer. Lorsque ces mauvaises humeurs se concentrent en avant du cœur, on est mélancolique, et sitôt qu'elles se déplacent, on redevient gai.
Henrich. Eh 1 monsieur, ce n'est point cela que je vous demande. Si les choses étaient seulement arrangées de manière que ma maîtresse fût triste pendant une heure et gaie pendant une autre, on pourrait mettre cela sur le compte du sang et des humeurs. Mais il y a des moments où elle est si confiante, qu'elle raconterait même à un ennemi tous les divertissements qu'elle s'est donnés depuis la mort de son mari, et il y en a d'autres au contraire où sa méfiance est telle, qu elle ne saurait causer même avec ses meilleurs amis sans donner à ses paroles toute l'obscurité possible. Un jour elle se laisse mourir de faim^ et le lendemain elle mange à se rendre malade. Un jour elle se sauve devant les hommes, et le lendemain elle court après eux. Tantôt elle se rend insupportable aux gens parce qu'elle ne dit mot, tantôt, parce qu'elle ne cesse de bavarder. Tantôt elle entre en colère quand on dit du bien de tel ou tel, tantôt^ quand
on en dit du mal. Tantôt elle est convaincue que tout est gouverné par un aveugle hasard^ tantôt, c'est le ciel qui, par soïi intervention, fait que son gruau n'a point brûlé, ou que son café est clair et parfumé à la mode du jour. Tantôt elle se rend malade à force de travailler, tantôt, à force de ne rien faire.
Petronius. Tout cela provient des humeurs.
Henrich. Si cela provient des humeurs, alors j'imagine qu'on pourrait trouver quelque chose chez l'apothicaire pour guérir la méfiance et l'impiété.
Petronius. C'est aux médecins à dire si ces choses-là se peuvent, oui ou non, guérir avec quelque chose de chez Tapothicaire. Tout ce que j'affirme en ma qualité de philosophe, c'est ce que cela provient des humeurs.
Henrich. Et moi j'affirme, non point en qualité de philosophe, mais en qualité d'homme de bon sens, que cela ne provient point des humeurs.
Petronius. Quoi! tu voudrsds contester une chose sur laquelle tous les savants sont d'accord?
Henrich. Les savants d'accord! Je n'ai jamais entendu dire de ma vie que les savants soient d'accord sur quelque chose.
Petronius. Je suis la doctrine d'Aristote sur ce point comme sur tous les autres.
Henrich. Quel diantre d'homme était-ce biiBu que celui-là?
Petronius. C'était un grand philosophe qui vivait il y a environ deux mille ans.
Henrich. Eh bien, moi, c'est la raison que je suis, et elle a toujours existé depuis Mathusalem.
Petronius. Quelle est donc ton opinion?
Henrich. Qu'est-ce que vous me donnerez, si je vous la dis? car je vends ma sagesse tout aussi cher qu'un autre. Vous autres savants, vous prenez bien de l'argent pour tout, et vous en avez pourtant moins besoin que moi et mes pareils. Cependant, pour que vous voyiez que je ne suis pas jaloux, je vais vous faire connaître les causes naturelles que j'ai réussi à découvrir après de longues spéculations. J'ai entendu dire par des gens fort savants, car j'ai été au service d'un barbier allemand avant de venir ici, qu'une âme peut quelquefois passer d'un corps dans
un autre. Il peut donc être arrivé par hasard que dans le même instant où naissait ma maîtresse, un renard, une oie, un écureuil, im vieux chat, un cerf, une tortue, un poisson, une pie, an loup et un mouton soient morts, et que leurs âmes toutes ensemble aient été se loger chez ma maîtresse où elles se trouvent encore et se retrouveront toujours, tant qu'elle sera aussi capricieuse. Quand c'est l'âme de l'oie qui a le commandement, elle "a tout juste Tintelligence d'une oie. Quand c'est l'âme du loup qui gouverne, j'attrape à tout propos des coups et des injures. Quand c'est l'âme du poisson qui a le dessus, elle reste avec l'air penaud sur sa chaise au milieu de la compagnie, et quand c'est l'âme de la pie qui ressaisit le pouvoir, sa langue se met à courir comme les roues d'une voiture de poste.
Petronius. Haï ha I ha I U est vraiment dommage, Henrich, que tu n'aies point étudié.
Henrich. Voulez-vous dire par hasard que je serais devenu encore plus fou que je ne suis ?
Petronius. Mais est-il bien sûr que ta maîtresse soit aussi capricieuse ?
Henrich. Oui, parbleu, cela est tout à fait sûr. Je me suis exercé à la singer, et notre servante jure qu'elle a plus de plaisir à me regarder quand je la contrefais ainsi qu'à aller voir les Hercules, ou à entendre Ghilian*, ou bien Hans Wurst.
Petronius. De grâce, mon bon Henrich, fais-moi voir aussi un peu comment tu t'y prends?
Henrich. Je le veux bien. Par exemple, me voici de bonne humeur. « Voyez-vous bien, monsieur, leplus grand plaisir que je puisse avoir, c'est de me trouver en société avec des gens instruits, surtout quand ils vous ressemblent, monsieur, vous dont la bouche ne répand que du miel, vous dont la parole remuerait jusqu'aux pierres. » (Il s'arrête un peu et se frotte les yeux.) «Monsieur, vous êtes un savant, mais vous êtes aussi un pédant. H y a des moments où j'aimerais mieux causer avec ma
1 . C'était le ^alet des héros tragiques dans les Eaupt-und-SiaaUactionen. Go le verra plus loin figurer dans des fragments à'ÙlyMe d'Ithaque.
cuisinière qu'avec vous, car elle dit des choses raisonnables dans le mauvais langage d'une cuisinière, tandis que vous, vous ne faites que dire des sornettes en style de savant. »
Petronicjs. Ha ! ha ! ha !
Henrich. Maintenant, d une autre manière : {Il prend une chaise,) — « Ne voulez- vous pas prendre, monsieur, la peine de vous asseoir. Je vous en prie. Il ne faut point que vous restiez debout. Faites-moi le plaisir, monsieur, de vous asseoir. » (Au moment où Petronius va s'asseoir y il retire la chaise en dessous de manière à ce qu'il tombe,) — « Monsieur, cette chaise est trop bonne pour vous. Si vous voulez vous asseoir, vous pouvez bien le faire sur le banc. »
Petronius. Holà, Henrich! je n'ai pas besoin que tu continues de la sorte ta représentation.
Henrich. Ehl monsieur, figurez- vous seulement que cela provient des humeurs, et il vous sera impossible de vous en fâcher. Je vais maintenant poursuivre, car ce n'est là qu'un commencement. Gela vous amusera, monsieur.
Petronius. Grand merci, Henrich-I Tu peux garder ta comédie pour la servante.
Henrich. Il ne faut point, monsieur, m'en vouloir de la liberté que j'ai prise. Ge que j'en ai fait était seulement pour vous rendre la chose aussi claire que possible.
Petronius. On ne doit jamsûs faire attention à ce que les domestiques disent de leurs maîtres. Je tiens ta maîtresse pour l'une des personnes les plus aimables de la ville, car toutes les fois que j'ai eu l'honneur de causer avec elle, elle m'a toujours témoigné la plus grande politesse du monde. *
Henrich. J'ai grand'peur, monsieur, de vous avoir fâché contre moi et d'avoir poussé la plaisanterie un peu trop loin.
Petronius. Non point. Je sais supporter une plaisanterie. La seule chose qui m'ait déplu, c'est que tu tiennes d'aussi méchants propos sur ta maîtresse.
Henrich. Je ne pense pas, monsieur, que vous ayez, sur elle des projets?
Petronius. Si fait. Soit dit entre nous, Henrich, elle est la dame pour laquelle je me sens le plus d'estime.
Henrich. Diable! se pourrait-il? Si j'avais su cela, parbleu, je n'aurais pas dit tant de folies. Mais, monsieur, est-ce que les projets que vous avez visent à quelque chose de plus qu'une estime ordinaire?
Petronius. J'entends pousser les choses aussi loin que je pourrai.
Henrich. Est-ce que par hasard, monsieur, vous voudriez la prendre....
Petronius. Gela est tout à fait mon dessein.
Henrich. Pour femme..., tout de bon?
Petronius. Ajssurément. A quoi donc penses-tu ?
Henrich. Alors, monsieur, je retire ce que j'ai dit, et vous assure que tout mon bavardage sur elle n'est que pur mensonge.
Petronius. Aussi je t'assure que je n'en ai pas cru le plus petit mot.
Henrich. Si ma maîtresse avait la moindre chose des défauts que j'ai dits, il aurait été mal de ma part de la dépeindre comme je l'ai fait. Gomme elle est justement au contraire un modèle de constance, elle ne saurait en souffrir. G'est comme, par exemple, si j'allais dire, monsieur, que vous êtes un pédant. Ge serait fort mal fait de ma part, et en efiet, comme vous êtes un grand savant, les gens pourraient dire : < Gela se peut bien, il est possible qu'il y ait quelque chose de cela chez lui, » parce qu'un pédant et un savant, bien que ce ne soit en aucune façon la même espèce d'hommes (ce serait péché que de le dire), sont cependant regardés comme cousins germains. Mais si je disais, monsieur, que vous ne savez ni écrire ni lire dans un livre, tout le monde verrait bien sur-le-champ que c'est un pur badinage. H en est tout juste de même avec ma maîtresse. Gomme elle n'a jamais qu'une humeur, de même que moi je n'ai que ce petit pain que vous voyez, elle ne saurait rien souffrir de pareils discours. Mais désirez-vous, monsieur, lui parler maintenant? Il est un peu matin, le magasin n'est pas encore ouvert.
Petronius. Non; je sais un endroit où elle est invitée pour cette après-dînée. Je m'y rendrai aussi. Adieu. {Il sort.)
Henrich. Quand j'ai compris qu'il était amoureux, je me
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suis joliment retourné.... Mais je puis bien dire que s'il Ta pour femme, il aura vingt fois à rire et vingt fois à pleurer par jour, à moins qu'il ne soit assez savant pour faire sor^r d'elle quelques-unes de ses mauvaises âmes. Ah! voici Pernille qui vient ouvrir le magasin. (Pernille paraît sur la scène.) Madame est-elle habillée, Pernille ?
Pernille. Comme si elle devait aller à une noce.
Henrich. Quand elle m'a envoyé en ville pour chercher ce petit pain, elle était sale comme une truie. Sans doute, son âme propre a repris maintenant le commandement.
Pernille. Va-t'en au diable avec ton bavardage I Mais n'y avait-il point ici tout à l'heure un homme avec qui tu causais? Est-ce qu'il voulait parler à quelqu'un de chez nous?
Henrich. C'est un homme qui s'appelle maître Petronius.
Pernille. Est-ce qu'il voulait parler à madame?
Henrich. Il voudrait, parbleu, bien plus encore que lui parler, si cela ne tenait qu'à lui. Il est tout à fait épris d'elle, et elle, elle est également occupée de lui, à ce que je soupçonne, car si elle sort aujourd'hui, c'est pour causer avec lui chez une tierce personne.
Pernille. Que dis-tu là?... Mais a-t-il quelque bien?
Henrich. Tiens, parbleu ! Il a toutes ses poches et sa besace bourrées de philosophie.
Pernille. U faut, ma foi, autre chose que de la philosophie pour monter son ménage.
Henrich. A dire vrai, je ne connais de lui que sa personne. Mais il connaît mon nom, et il a espionné tout chez nous, jusqu'au chien et au chat, si bien que je crois qu'il te connaît aussi.
Pernille. D'où sais-tu donc qu'il aime madame?
Henrich. 11 me l'a dit lui-même.
Pernille. Alors je le plains de tout mon cœur. Tiens, voici que j'aperçois madame.
Cet exemple suffira, je l'espère, pour montrer comment Holberg, à l'exemple de Molière, au lieu de faire d'une comédie une succession d'aventures réparties entre tout un
groupe de personnes, ea fait au contraire la peinture d'un ridicule unique, représenté par un personnage principal. Mais que va devenir à présent, ainsi enfermée dans une * âme, cette imperfection morale? Le poète va-t-il, en lançant cette force dangereuse à travers le monde, lui donner pleine liberté d'y produire le bien ou le mal, et en suivre les effets, rapprochés ou lointains, avec l'unique préoccupation de les déduire logiquement les uns des autres? Ni Molière ni Holberg n'admettent la convenance d'une si dédaigneuse indifférence et n'entendent y réduire leur rôle de poète. Pour eux la poésie comique non-seulement comporte, mais encore exige un enseignement utile, et il ne suffit pas de s'y montrer grand artiste, si l'on ne s'y montre en môme temps moraliste. Ils ne tiendront donc compte ni l'un ni l'autre de cette triste, mais continuelle donnée de l'expérience, à savoir que le mal peut souvent être la cause d'un bien immédiat et provisoire, assez justement comparable à ces fleurs étrangères, que l'arbre dont parle le poète s'étonnait de produire. Ils excluront par conséquent de leur théâtre l'hypothèse, pourtant féconde en contrastes et en surprises comiques, d'un ridicule inoffensif ou môme profitable pour celui qui en est atteint, et feront de parti-pris le travers qu'ils décrivent, en premier lieu, haïssable, et en second lieu, risible. Ils le feront haïssable, en signalant les désordres de toute espèce dont il ne saurait manquer de devenir la cause dans la famille où il se produit. Ils le feront risible, en montrant qu'il finit toujours par retomber sur celui-là même chez qui il existe.
Avant le Tartuffe^ je ne découvre nulle part, dans l'histoire de la comédie, le dessein arrêté de nous faire sentir par quelle pente fatale l'aberration de l'un des membres de la famille peut arriver à la désorganiser tout entière. Dans Plaute, sans doute, dans Térence aussi, on pourrait bien recueillir quelques insinuations de ce genre. Mais on trouverait à
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peine une aoène véritablement conçue par Vécrivain avec l'intention de montrer tout ce qu'il y a de coupable en ce 'sens dansTégoïame d'un père ou d'un fils. Dans cette scène du Persa où la fille du parasite se permet quelques doléances sur la conduite de son père, c'est bien la gourmandise du père qui est la cause de la vente apparente de la fille. Mais rien, absolument rien ne nous induit à penser que Plaute ait voulu nous rendre odieuse l'infamie d'un père capable de sacrifier sa fille par une basse et vile complaisance. Quoique l'occasion fût excellente, la leçon morale manque. J'en dirai autant de ces scènes assez fréquentes * où nous voyons un père entrer avec son fils d«^ns une rivalité scandaleuse de libertinage au sujet de la même esclave. Dans aucune le poëte ne paraît avoir mis une arrière-pensée de morale. La lutte entre le père et le fils est toujours très-vive, bien plus, fort spirituelle. C'est à qui montrera le plus de passion et d'adresse; mais quant à l'éclat final, qui seul pourrait purifier en la justifiant cettQ situation odieuse, comme le fait l'insolence de Gléante aux prises avec son père Harpagon, ne l'attendea point, car vous l'attendriez en vain. La dispute ici ne fait que profiter à la réputation d'esprit des deux rivaux, sans les amener ni l'un ni l'autre à la conscience de leur honte^
C'est à peine si Shakespeare, chez qui pourtant se trouvent à peu près toutes les formes de l'art dramatique, intéressé deux ou {rois fois la famille aux vicissitudes de la passion qu'il étudie. Au nombre de ces exceptions figure avant toutfe Roi Lear. Il est évident que là c'est bien l'aveuglement d'un pèrQ qui seul a déchatné tou^e la tempête de catastrophes à laquelle nous assistons. Mais une erreur de partialité n'est guère comparable à un vice, et puis c'est