Maa jeg tage paa Rendes Bryst
Le teneur de livres. On ne devrait jamais se marier avant d*avoir la trentaine.
Magdelone. C'est bien vrai. Quand ce sont des enfants qui se marient, le ménage ne peut que mal aller.
Beaucoupdebruit. Qui est-ce donc qui parle de ce côté, Pernille?
Pernille. C'est le prétendu qui parle avec sa fiancée.
Beaucoupdebruit. Me voici tout de suite à vous, mes petits enfants. Je n'ai plus que quelques lignes seulement.
Pernille {à part). Diable 1 II faut alors que j'invente encore quelque chose de nouveau. {Haut, au teneur de livres,) Monsieur, ne vous plairait-il pas d'entrer dans la chambre à coucher de mademoiselle? Vous auriez plus de liberté pour vous entretenir tous deux/ et vous ne troubleriez pas mon maître.
Le teneur de livres. C'est vrai. Il faut faire ce qu'elle dit. (// sort avec Magdelone.)
Pernille (à part). Diantre! Je vois qu'il a déjà fini d'écrire. Il est temps de prévenir Oldfux en toussant, ce qui est le signal convenu. (Elle tousse. Oldfux entre, déguisé en avocat.)
Oldfux (à Beaucoupdebruit). J'ai appris, monsieur, que vous demandiez un avocat.
Beaucoupdebruit. Sans doute. Ètes-vous celui que mon domestique est allé chercher de ma part?
Oldfux. Non, monsieur I C'est un homme qui n'est jamais en état raprès-midi de soutenir une conversation.
Beaucoupdebruit. Est-ce qu'il boirait?
Oldfux. Oui, monsieur! Mais ne le répétez pas au moins.
Beaucoupdebruit. Pourquoi donc, Pernille, as-tu envoyé le domestique chez un pareil homme?
Pernille. Je ne savais pas qu'il buvait, monsieur. Mais tout est pour le mieux, puisque celui ci est venu à sa place.
Oldfux. J'ai mes entrées dans la maison, et comme j'ai su que monsieur a besoin d'un procureur, j'ai pris la liberté de venir.
Beaucoupdebruit. Je vous demeure fort obligé.
Oldfux, Y a-t-il quelque chose pour votre service ?
BfiÀuëbiJî^bÊikuiT. Oui, j'ai quelque chose stir qtioi je Voudrais bien vous consultera
OldI^uî. Lé mot conmleré, tiiohsîeùr, a une double Signification. Il veut dire tout à k fois donner un bon avis à quel* qu'un, en latin, comulere alicui, et aussi demander à quelqu'un un bon conseil, en latin, consulere aliquem,
Beaucoupdebruit. Hé, là! Je crois que, vous autres savants, Vous avez tous lé timbré un pelifêlé. Je n'ai pas enVoyé quelqu'un vous chercher pour vous demander des avis sur l'orthographe des mots, mais bien....
OLDFtî. Monsieur, notre cohversàtion ii'à rien ft démêler avec l'orfliDgraphe. Vous confondez l'orthographe avec la^ Syntaxe, cwtà ÈyntaaA. Orthographia est ars vocabula rectè scrihendiy c'eét l'aï^t ou plutôt la science de bien écrire les mots, ce qui est une chose à laquelle je n'ai touché en aucune façon, puis^tie je fa'ai fait que corHgef la manière dé pârlef de monsieur. Non orthographiam, sed phrases corrigo»
ÈeAucôupdèbruit. Excusez-moi. Ce n'est pas vous que j'ai envoyé quérir. Vous pouvez vous en aller quand il vous'plaita. J'ai bieîi àiitre chose à faire qu'à perdre mon temps à des sornettes.
Oldfux. Les docteurs et les avocats sont à la disposition de tout le mondé. Mais lés statuts de leur corporation diséiit aussi qu'ils doivent se faire payer fiottr chaque peine qu'ils prennent.
Beaucoupdebruit. Dois-je vous payèf, inoi, pour mé faire perdre en fadaises lé meilleur d'un temps qui m'est précieux?
Oldfux. Que souhaitez-vous alors, monsieur?
Beaucoupdebruit. Je voudrais vous demander conseil sur quelques ^oihts.
Oldfux. Monsieur, le mot point* nous est tout à fait inconnu à nous autres légistes, et n'est d'usage que chez les théologiens, in fôro theologico. Lé droit romain l'ignoré de la ma* hièrè là plus absolue. Il n'est partagé qu'en livres, chapitres et paragraphes, in libres ^ capita et paragraphos. Que iùdnsieur
1. Eo danois eonsiêlere* Le jeu de mots suivant nous paraît iatradaiâible en français.