Le Bal masqué. Acte III, scènes xi-xiii
Léonard. Mais, dites-moi donc, qu'est-il arrivé?
Jeronimus. Serviteur, monsieur mon compère. — Il faut vous hâter, comme s'il s'agissait d'une course à gagner, car, sans cela, vous pourriez arriver trop tard.
Léonard. De grâce, donnez-moi au moins quelque éclaircissement?
Jeronimus. Serviteur, monsieur mon compère. — Et s'il veut faire résistance, que les gens de la police emploient la force.
Léonard. Serait-il venu des voleurs chez vous, compère?
Jeronimus. Serviteur, monsieur mon compère. — Et tâchez aussi de mettre la main sur la coquine, afin que nous puissions l'envoyer à la maison de correction .
Léonard. Que vous manque-t-il donc, cher compère? Il faut qu'il soit arrivé quelque grand malheur?
Jeronimus. Excusez-moi de n'avoir pas pu vous répondre plus tôt. D'ici à une heure, nous saurons si nous devons devenir compères ou non.
Léonard. Comment cela?
Jeronimus. Mon fils s'est enfui avec la maudite coquine dont il s'est amouraché au bal masqué.
Léonard. Ah I quel malheur! Et moi qui venais justement vous apporter l'agréable nouvelle que ma fille commence à faire un retour sur elle-même.
Jeronimus. Hélas ! pauvre infortuné que je suis 1 Le malheur n'en sera que plus grand pour moi, si nous ne parvenons pas à le retrouver.
Léonard. Mais^ seigneur Jeronimus, k supposer que vous ne le retrouviez pas, que comptez- vous faire?
Jeronimus. Dans ce cas-là, j'abandonnerai ma maison et m'en irai à la campagne attendre que le cha^jrin me tue * .
Léonard. Non point, seigneur Jeronimus ! Il faut montrer