Decrevi tantisper me minus injuriae
Chrême, meo gnato facere, dùm fiam miser, Nec fa s esse, ullâ me voluptate hic frui, Nisi ubi ille hùc salvus redierit meus particeps. Une partie de ce dialogue semble au reste une imitation du début si touchant de VHeautontimoroumenos.
que vous éles chrétien et ne point laisser le chagrin s'emparer de vous.
Jeronimus. Rien au monde ne pourra me consoler, et c'est une chose dont il est sûr que je mourrai.
Un enfant. Voici un petit billet, seigneur Léonard, qu'une servante m'a remis pour vous l'apporter.
Léonard (lisant). « Monsieur, vous pourrez apprendre par cette aventure-ci de quelle faute se rendent coupables les parents qui prétendent contraindre leurs enfants k se marier contre leur gré. Votre fille Leonora, pour échapper au sort dont elle était menacée, s'est jetée en ma présence dans le vivier le plus profond du jardin, et s'y est noyée. Il m'a été impossible de la sauver. Je suis donc tout de suite rentrée dans ma chambre pour vous écrire ces lignes. Peut-être ne me reverrez vous jamais non plus. Pernille. » — Hélas! hélas! misérable Léonard ! Tu n'es pas digne de vivre, après avoir poussé ta fille dans un semblable désespoir! Je veux aller sur-le-champ suivre son exemple 1
Jeronimus. Que le ciel vous en préserve I
Léonard. Laissez-moi, seigneur Jeronimus! Je suis le plus grand criminel qu'on puisse trouver sur la terre I
Jeronimus. Eh quoi, seigneur Léonard! Vous qui savez si bien consoler les autres, vous savez si peu vous faire k votre propre mauvaise fortune!
Léonard. De grâce, laissez-moi aller accomplir mon projet de morti
Jeronimus. Eh, seigneur Léonard, considérez que vous êtes chrétien, et que c'est votre devoir de supporter tous les coups de la mauvaise fortune !
Léonard. Je n'ai pas seulement perdu, moi, ma fille unique. Je l'ai tuée moi-même.
Jeronimus. Vous n'avez fait que ce que fait un père qui agit d'après sa conscience. Vous avez voulu qu'elle tînt sa promesse. Vous désiriez qu'elle fût bien établie. J'ai tenu la même conduite avec mon fils.
Léonard. Mais était-ce là bien agir? Vous êtes k blâmer, pour avoir voulu contraindre votre fils, et moi, bien plus encore,
pour avoir soumis une frêle jeune fille à une épreuve au-dessus de ses forces. Il faut considérer un peu, seigneur Jeronimus, ce que sont les hommes. Il faut considérer ce qu'est la jeunesse et ce que nous-mêmes nous avons été. Les mêmes défauts que nous avons eus, tant qu*a duré notre jeunesse, nous cherchons à les étouffer par des voies tyranniques chez nos enfants, qui ne sont pourtant en somme que les copies fidèles dont nous sommes les originaux. Nous devrions rougir d'exercer cette autorité avec si peu de sagesse. Notre conduite montre que tout en ayant l'air de vouloir les choses dans l'intérêt de nos enfants, nous ne recherchons que notre avantage personnel. Si ma fille n'avait pas eu un aussi gros héritage k attendre, vous vous seriez probablement peu occupé de toute cette affaire, et peut-être qu'il en aurait été tout de même de moi. Non, il n'y a lien à dire pour ma défense. C'est moi qui ai tué ma fille, et c'est pourquoi je veux faire comme elle.
Jeronimus. De grâce, n'allez pas vous laisser dominer par quelque mauvais esprit, seigneur Léonard. Pensez que ce n'est pas seulement votre corps que vous sacrifieriez , mais aussi votre âme.
Léonard. Le moyen de raisonner encore dans un pareil malheur !
Jeronimus. Je ne vous permettrai pas de me quitter, avant que vous ne soyez revenu à d'autres pensées.
Léonard. Hélas l hélas! (On ramène par force Léandre et Leonora.)
Jeronimus. Te voici donc, traître ! qui par ta vie libertine veux mettre tes parents au tombeau avant l'âge I
Léandre. Je n'ai rien fait de mal. Je me suis seulement épris d'une personne fort jolie, de bonne famille, et que voici.
Jeronimus. Est-ce toi, coquine, qui as débauché mon fils?
Leonora. Je ne suis point une coquine, mais bien la fille d'un honnête homme du Jutland^ Mon père s'appelle Léonard Hansen, et, depuis quelques jours, il est venu ici à la ville pour
t. Je suis obligé de passer ici quelques lignes.
me marier avec un jeune homme du nom de Léandre.... Mais comme....
Jeronimus. Allons, vous n'avez pas encore appris l'art de mentir de la bonne façon ! Le seigneur Léonard n'avait qu'une fille, et elle vient de s'en aller à tous les diables. Mais vous allez être confondue sur le champ. Voici le seigneur Léonard.
Leonora. Mon père ! (Léonard ne V entend pas. Il se tient à V écart enfoncé dans V amertume de ses réflexions.)
Jeronimus. Monsieur Léonard, regardez donc un peu de ce côté!
Léonard. Ah ciel! que vois-je? C'est ma fille.
Leonora (à genoux). De grâce, mon très-cher père, pardonnez-moi d'avoir été aussi coupable envers vous, et d'avoir joué un rôle dans toute cette intrigue. C'est l'amour que je me sens pour ce jeune homme qui m'a poussée à cette extrémité, et, comme vous vouliez me forcer à prendre pour mari Léandre, le fils de Jeronimus, que je n'ai jamais vu, alors....
LÉANDRE. Ah, ciel! Est-il possible!
Jeronimus. L'étrange aventure que voici!
. Léonard. Relève-toi, ma chère fille. Le voici, ce Léandre avec lequel tu t'es enfuie, de peur de devenir sa femme.
Leonora. Oh, le surprenant événement! Est-ce donc là Léandre, avec lequel je me suis sauvée pour me débarrasser de Léandre ?
LÉANDRE. Oh, la merveilleuse histoire? Est-ce là Leonora que je détestais par amour pour Leonora?
Jeronimus. Chers enfants, tous ces contretemps, toutes ces aventures feront que vous vous aimerez encore davantage tous les deux. Qu'on m'amène maintenant ici Henrich dans l'état où il est, et qu'on ne lui dise rien de tout ce qui vient d'arriver.
Léandre. Permettez-moi à présent, mes chers parents, d'embrasser ma fiancée. {Léandre et Leonora s'embrassent.)
Leonora. Oh, l'heureuse méprise ! J'ai eu de l'aversion pour celui que seul je chérissais.
Léandre. Et moi, j'ai été sur le point de me tuer par amour pour celle dont le nom me faisait horreur.
Jeronimus. Je voulais me laisser mourir de chagrin, parce
qae mon fils, contre ma volonté, aimait précisément celle qae ma volonté était qu'il aimât.
Léonard.- Et moi, j'ai maudit la désobéissance de ma chère fille, par la raison justement qu'elle m'était obéissante. (On amène Henrich les brask attachés.)
Jeronimus. Henrich, connais -tu les deux personnes que voici?
Léandre. Cette jeune fille que tu vois, Henrich, et avec laquelle je me suis sauvé, pour me délivrer de Leonora, c'est Leonora elle-même, la fille du seigneur Léonard.
Henrich. Ah ciel 1 est-il possible? Je ne sens déjà plus à présent les coups que j'ai reçus.
Léandre. Tu seras récompensé pour ta fidélité.
Henrich. Vrai! Je n'ai plus rien à craindre? Pourquoi ne me délivrez-vous pas, vous autres, chiens que vous êtes?
Jeronimus. Qu'on le délivre sur-le-champ.
Henrich (à Leonora), Quoi, vous êtes Leonora, la fille du seigneur Léonard ?
Leonora. Oui, je suis Leonora, et la rivale de Leonora en même temps.
Henrich. Et vous, monsieur Léonard, vous êtes le père de mademoiselle?
Léonard. Oui, mon ami ; c'est ma fille, qui en un seul jour m*a retiré et m'a rendu le plaisir de vivre.
Henrich. Eh bien, mais alors, c'est une vraie comédie qui vient de se jouer ici I
Léonard. Une comédie bien étrange.
Henrich. Mais quelle satisfaction donnerez-vous à un honnête homme tel que moi, pour les mauvais traitements qu'on m'a fait subir?
Jeronimus. Sois tranquille. Léandre te dédommagera comme il faut.
Henrich [montrant Pernille). Voulez-vous me donner cette fille-là pour femme ?
Léonard. Si tu peux obtenir son consentement, je verrai ce mariage avec plaisir.
Henrich. Ma petite fiancée, me veux-tu?
Pernille. Bien volontiers.
Henrich. Voyez un peu combien nous sommes heureux, comparés aux gens d'une haute condition. Nous ne savons pas encore seulement nos noms, ni l'un ni l'autre, et pourtant il est bien possible que nous célébrions notre mariage dès ce soir. Il n'y a que l'amour des gens du grand monde qu'on puisse mettre en comédie. Nous autres, nous allons tout droit au but, et la chose se fait eu deux petits temps. « Ça te va-t-il? » « Ça me Va. » Mais, seigneur Jeronimus, vous pouvez apprendre par cette aventure que les bals masqués ont aussi leur avantage, car la méprise qui a eu lieu n'a fait qu'augmenter encore la tendresse mutuelle de deux amants, et par-dessus le marché -m'a mis en possession de cette jolie fille. Elle a donné lieu à une amusante cotnédie avec deux mariages à la fois, un grand et un petit, pour dénoûment, de telle sorte que personne ici nô chômera. Quant à vous, messieurs les drôles, qui m'avez lié et battu, afin que vous ne restiez pas là seuls à ne rien faire, allèzvous-en vous pendre vous-mêmes!
Les Dfiystifications de la comédie latine, qui ne sont jamais au fond que des escroqueries, ne sauraient d'ailleurs éire assimilées à des dénoûments véritables, puisqu'après le succès de la ruse, il en reste toujours le pardon à obtenir. Il n'y a dans Molière que deux mystifications finales à usage de dénoûment, mais elles sont des plus hardies, et d'une originalité tout à fait exceptionnelle. L'invention propre à Molière consiste à lancer le héros comique en pleine folie, et à noyer la raison d'un homme dans un accès de fou rire. Voyez M. Jourdain et Àrgan. Je l'ai déjà dit: à la fin de la pièce, tine sorte d'ivresse de sottise leur monte au cerveau et y étouffe les derniers vestiges du sens commun. Us perdent l'un et l'autre jusqu'à la conscience de leur propre ridicule, et c'est grâce à ce naufrage détinitif de leur intelligence, que Gléonle et Cléante obtiennent enfin d'eux Lucile et Angélique. La
double Cérémonie, turque ou médicale, qui les attend tous les deux, n'est pas en bonne foi autre chose que la réception d'un fou véritable dans une maison de fous pour rire, et le spectateur, ému, y sent je ne sais quelle mélancolie involontaire lui gagner Tâme en secret.
Chez Holberg nous ne nous sentons point, dans les mystifications analogues qui terminent Don Ranudo de Colibrados et Unpeu d'ambition, envahis k notre insu par cette pénible impression, par ce nescio quid amaHy qui peut aussi surgir du milieu même de la comédie. Aucune arrière-pensée de tristesse n'a passé dans ces deux bouffonneries turques, et le poète n'y précipite point son personnage grotesque dans uii abîme de folie, mais seulement dans un carnaval improvisé. Il va même jusqu'à le détourner à temps de la pente fatale, en le rappelant au sentiment de lui-même. Mais ce qui dans ces deux dénoûments ne cesse de ramener la pensée soit au Bourgeois gentilhomme, soit au Malade imaginaire, c'est le genre de la cérémonie, la pompe déployée pour cette burlesque parodie, et surtout la nationalité des personnages employés pour l'exécuter. Ce sont en effet des Orientaux que le poète danois tire de son imagination, ou, plus exactement, du théâlre de Molière, pour donner à son public le divertissement d'une fantaisie étourdissante. Ces caricatures des gens du Levant, dont le turban seul était en possession de faire rire Paris, tandis que le sultan se préparait à assiéger Vienne, abondent plus qu'on ne pense dans le théâtre de Molière. On les va chercher d'ordinaire dans le Bourgeois gentilhomme et dans le Sicilien. Mais déjà, dans YÉtourdi, nous voyons Lélie se déguiser en Turc de contrebande, et, dans le Mariage forcé, nous entendons deux Égyptiennes donner à Sganarelle des conseils plaisants sur son projet d'union avec Dorimène. Dans Monsieur de Pourceaugnac et dans le Malade imaginaire, nous retrouverons encore des Égyptiens
et des Égyptiennes dansants et chantants. Heureux le temps où une vieille convention faisait ainsi de l'Orient la patrie sans nuages d'un peuple sans soucis, et où il suffisait à l'imagination d'un Européen de s'échapper en Turquie pour avoir atteint le royaume de la folie universelle et découvert la source d'une intarissable giieté! Heureux le temps où un Molière, où un Mozart se tiraient de l'embarras de terminer une comédie ou une sonate par un flnal alla turca! Ce sont, à vrai dire, des Abyssiniens que je vais maintenant demander la permission de mettre en scène, mais on verra bien vite que ces Abyssiniens-là ne sont encore que des Turcs de Molière , et que le neveu de l'empereur d'Abyssinie, qui va ici solliciter Thonneur de s'allier à la famille d'un grand d'Espagne, n'est pas plus prince d'Abyssinie que Cléonte n'est le fils du Grand Turc.
L'interprète'. Je suis venu ici pour faire savoir à Votre Excellence que Son Altesse le prince d'Abyssinie, mon gracieux maître, est arrivé en cette ville. Ce n'est là toutefois ni la seule ni la plus considérable mission dont il m'a chargé, car je suis envoyé principalement pour vous proposer une alliance et vous demander au nom de mon maître la main de votre chère fille, mademoiselle Maria.
Don Ranudo. Voilà une proposition fort honnête. Mais pourrais-je demander à Votre Excellence comment cette idée est venue au prince?
L'interprète. Le motif qui a poussé Son Altesse à entreprendre im pareil voyage est celui-ci. En Ethiopie ou en Abyssinie, comme vous voudrez, l'empereur, de même que ses sujets, tout en étant chrétiens, se séparent cependant sur bien des points de la doctrine de l'Église de Rome, et c'est ce qui fait qu'on y envoie tant de jésuites du Portugal, afin de réunir l'Abyssinie au saint-siége. Leurs discours et leurs prédications
1. Don Rantido de Colibrados. Acte IV, scène vu. Ce non étrange de Uanudo est une anagramme, à du nar^ à fou que tu esl
l'action. 257
ont tellement touché et convaincu mon gracieux maître, qu'il passe maintenant pour un fervent catholique parmi les Jésuites eux-mêmes, ce que sait fort bien l'empereur, son oncle maternel, qui, en ces matières, lui laisse, comme à tout le monde, une entière liberté de conscience, et l'a autorisé, sur son désir, à se chercher une épouâe dans la haute noblesse d*Espagne ou d'Italie. Â cette fin, il m'a consulté, moi, Jago de las Gores, son interprète principal et Espagnol de naissance, et m'a demandé les noms des premières familles de l'Espagne, sur quoi j'ai indiqué sans hésiter k Son Altesse la maison de Golibrados comme la première et la plus noble de toutes les maisons de l'Espagne, et par conséquent de l'Europe entière, car, pour ce qui est de l'Abyssinie, elle possède des familles de beaucoup plus anciennes encore. Son Altesse, par exemple, peut montrer un arbre généalogique, qui remonte de père en fils jusqu'à la reine de Saba, et lui donne pour premiers ancêtres chrétiens les trois rois mages.
Don Banudo. Ma généalogie, à moi, ne remonte pas aussi haut, il est vrai.
Leonora. C'est ce que Votre Excellence ne peut pas savoir, car j'ai entendu des gens fort savants insinuer cette idée, que la race des Golibrados descend tout droit de l'un des fils de Noé, Sem, Gham ou Jacob, comme on les appelle.
Don Ranudo. G'ost aussi ce que je crois. Seulement, mes ancêtres ont omis d'en faire mention.
L'interprète. La seule chose qui pourrait détourner Votre Excellence de donner sa fille à mon gracieux maître, c'est que Son Altesse est noire, comme tous les autres Maures.
Don Ranudo. Gela n'est rien. Les Espagnols eux-mêmes sont basanés.
L'interprète. Je n'ai pas hésité non plus à me marier Ik-bas avec Helicon Gomtra, qui est maintenant laveuse en chef du palais, emploi qui, en Abyssinie, n'est jamais donné qu'iiux dames du plus haut rang, car chaque pays, Excellence, a ses coutumes particulières. Mais la chose la plus merveilleuse en Abyssinie et ce qui y frappe le plus, c'est le langage, qui ressemble plutôt à un chant qu'à une langue. Si, par exemple, je
prononce le mot tahimki long, il signifie nne table. Que je le prononce une tierce plus haut, il veut dire une montagne, tahunki. Un ton plus haut encore, il désigne une église, tahunki. £nfin,en le haussant d'un dernier ton, c'est un éléphant, tahu/nki.
Don Ranudo. La peste ! Yoilà une langue que ma fille n'apprendra jamais.
L'interprète. En un an, elle la parlera aussi bien qu'un Abyssinien de naissance.
Don Ranudo. Ce que je redoute seulement, c'est que ma fille ne puisse pas mipporter la grande chaleur qu'il fait en Abyssinie.
L'interprète. Bah! Il fait une température très-agréable dans la partie du pays où réside l'empereur. Il y a seulement quelques-uns de ses sujets qui, habitant précisément sous l'équateur, vivent dans un état d'échauffement tel, qu'on pourrait allumer sur eux des allumettes soufrées, et qu'il leur suffit, toutes les fois qu*ils veulent cuire leur dîner, d'étemuer sur le bois pour qu'il s'enflamme aussitôt.
Don Ranudo. Voilà qui est prodigieux I
L'interprète. Sans doute, la nature est pleine de prodiges. Mais j'ai encore une chose à rappeler à Votre Excellence, c'est qu'elle veuille bien se découvrir la tête toutes les fois qu'elle parlera au prince d'Abyssinie, et s'incliner la première devant lui, car c'est là un honneur qu'il tient à recevoir de tous les étrangers qui ne sont pas de sang royale {Le prince entre avec tout son cortège f qui ne se compose que de Maures^ et qui défile sur le théâtre en y faisant trois tours aux sons d'une musique bizarre. On remarque dans le cortège le porteur d'un ècrin qui contient les présents, un autre esclave chargé d*U/ne immense pipe, le fou du prince couvert de grelots et faisant force sauts tt grimaces, des gardes armés d'arbalètes et de flèches. Après que le cortège s'est arrêté, Vun des gardes s'avance vers le prince, le salue deux fois jusqu'à terre, et lui remet une arba-^ lète avec une flèche. Le prince lance la flèche sur don Ranudo, quiy épouvanté^ se met à crier .)