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42 CHAPITRE KIEMIER.
eux-mêmes, ils sont les plus clairs du monde. Dans lin passage de sa correspondance S après avoir défini la vraie 'comédie par opposition à la mauvaise, Holberg appelle la première la comédie de Plaute et de Molière. Or, il est indubitable, d'après le développement qui précède, que c'est à ce premier genre qu'il entend rattacher lui-même son théâtre, et que, dans la première définition, il n'a fait qu'énoncer la formule de son propre idéal en fait de comédie. J'ouvre ensuite une courte préface écrite par lui en 1746, et j'y trouve la confession suivante que je traduis exactement : < Parmi les anciens, Plaute, et parmi les modernes son imitateur Molière ont été mes guides *. » Enfin, dans une lettre fort longue qui est la première de la cinquième partie de sa correspondance, j'ai le bonheur de lire cette phrase encore plus significative que tout lb qui précède : « Molière fut mis de côté en même temps que mes. pièces originales, qui sont exécutées d^ après le plan des siennes^. » Habemus confitentem. Il est seulement regrettable que M. Prutz, dans son long commerce avec Holberg, n'ait point eu occasion de tomber sur ces textes si positifs.
Il se pourrait toutefois, à la rigueur, que Holberg se fût fait illusion à lui-même, et qu'il y ait eu che2 lui plus de bonne volonté pour ressembler à Molière qu'il n'y a dans son théâtre de ressemblance véritable avec Molière. Il n'est donc point absolument inutile de vérifier si ses forces n'ont point trahi ses efforts, et s'il a bien réellement atteint ce but qu'il déclare si expressément avoir poursuivi. Consultons les jugements de la critique sur son compte.