Livres, lettre
2. « Mellem de Garnie bar altsaa Plautus, og meilem de Nyere hans Eflerligner Molière vaeret mine Veivisere. »
3. Molière tillige med vore Originaler, som ère forfattede efter hans Pian, bleve kastede bag Ryggen. (loc.ctl.)
INTRODUCTIDN. 43
La plus autorisée en cette matière, c'est la critique danoise. Elle possède une connaissance à peu près égale des deux théAtres dont la parenté est en question, et un naturel instinct de patriotisme littéraire la porterait plutôt à atténuer qu'à exagérer cette parenté. Néanmoins la critique danoise paraît unanime à reconnaître qu*il existe entre Molière et Holberg des rapports constants» généraux, systématiques. Le célèbre Rahbek» Tun des plus grands noms du Danemark littéraire, dans son excellente étude intitulée Holberg considéré comme poète comique^ présente franchement Holberg comme un disciple de Molière, et se sert des expressions les moins équivoques pour exprimer sa pensée'. Après l'avis d'un saVant aussi distingué» veut-on entendre l'opinion du chef de l'école romantique, de l'écrivain qui seul peut disputer à Holberg le premier rang dans la littérature danoise? Qu'on ouvre la préface écrite par ôhlenschkeger pour sa traduction allemande des comédies de notre auteur, c Holberg, » écrit-il dès les premières lignes» « ne ressemble à aucun poète plus qu'à Molière. » Voilà ce qu'on pensait en Danemark sur Holberg au commencement de ce siècle. Ce jugement ne s'est point modifié. Je prends au hasard deux des plus récents historiens du théâtre danois, M. MôUer et M. Overskou. Le premier de ces deux écrivains, surpris, comme Holberg, du peu d'habileté des successeurs de Molière à continuer sa tradition en France, s'empresse de remarquer que ce devait être en un autre lieu, en une autre langue, c'est-à-dire sur la scène de Copenhague et par les soins de Holberg, que cette tradition devait être reprise et développée*. M. Overskpu s'exprime encore sinon plus nettement, du moins plus brièvement
1. p. 103. « Molieres ypperste og maaskee eeDbaame Afkom Holberg. (Om Ludvig Holberg som Lyttspildigter, p. 103.) »
2, Det nyere LyttspU , p, kU
que M. MôUer. En parlant deJa première représentation du Ferblantier politique, il résume en un mot son appréciation littéraire de la, pièce: « Les mœurs en étaient danoises, la forme en était française *. »
L'Allemagne du dix-huitième siècle ne paraît pas avoir montré la moindre velléité de troubler l'accord ou de contester la compétence de la critique danoise sur cette question des origines de Holberg. Ce n'était pas encore le temps de ces recherches savantes On se laissait plus spontanément aller à ses impressions, et Ton se contentait souvent de sentir les choses sans trop chercher à se les expliquer. Si donc nous en jugeons simplement par l'impression générale de l'Allemagne à cette époque, nous avons le droit de croire qu'elle fut du premier jour profondément frappée de l'analogie qui existait entre Holberg et Molière. Toute son histoire dramatique trahit cette conscience irréfléchie d'une similitude évidente. Duranttout le dix-huitième siècle, Holberg partage partout, du Danube à l'Eider, la destinée de Molière. Il paraît sur les mêmes scènes, plaît au même public, rencontre les mêmes succès. Il lui fait concurrence ou lui tient lieu de doublure. On les associe par instinct, et souvent on les confond. Tout acteur allemand de ce temps qui excelle dans les rôles de Molière excelle par cela même dans les rôles de Holberg. Lorsque, vers 1775, à Hambourç, Schroeder voulut passer du genre comique au genre sérieux, ce furent des rôles de Molière et de Holberg qu'il choisit pour s'essayer à cette transition. Quelques esprits perspicaces avaient déjà au reste assez bien démêlé la raison de cette assimilation si spontanément faite et reçue par tout le monde. Elias Schlegel, l'un des premiers, avait signalé certains points de contact entre Molière et Holberg. Dans un discours célèbre écrit à propos de la réouverture du théâtre